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Les grandes figures inspiratrices ont toujours nourri l’imaginaire, et se retrouvent donc nombreuses au répertoire du festival, en des formes diverses.
Ce peut être des chanteurs, comme Oser Reggiani (Vents), Je vis avec Freddie Mercury (Rempart), ou l’éternelle Barbara (Le 11), ou l’inépuisable Dalida (Finie la comédie, mes confidences à Dalida, Pixel), Et si je n’avais jamais rencontré Jacques Higelin (Transversal). On peut oser la distanciation, ou préférer la déférence comme dans Ferrat l’humaniste (Humanum).
La littérature, avec des écrivains comme Hemingway (Pierre de Lune) est inévitablement très présente ; Camus à la recherche du père dans Le premier homme (Reine-Blanche, notre compte rendu, Coup de coeur Carina) ; c’est à l’évidence Shakespeare, mais pas seulement, dans Etre ou ne pas être, le nouveau Mesguich (Corps-Saints, notre compte rendu) ; ou la valeur sûre de La Fontaine, rencontrant… une IA (La Fontaine, l’intemporel, Tâche d’encre, notre compte rendu ) ; Montaigne est toujours d’actualité (Petit Louvre) ; ou les quatre soeurs March (notre compte rendu, 3S), ou Apollinaire (Apollinaire, éclats d’amour, Corps-Saints, notre compte rendu), ou bien une relecture qui ne revendique aucune fidélité, avec l’apocope assumée, et voici Andromak aux Carmes ; quand ce n’est pas l’univers déjanté et réinventé de la BD, dans Les sœurs Dalton (Buffon). Et l’on ne sera guère étonné que, à côté des nombreuses reprises de ses pièces, Molière lui-même, l’homme, le dramaturge, titille toujours la curiosité : concernant les zones d’ombre de sa vie privée à travers ses « insomnies » (3T-Les Platanes), ou la naissance de ses personnages (Louison et Monsieur Molière, Petit Louvre, notre compte rendu), ou un puzzle piquant (M.O.L.I.E.R.E., Girasole, notre compte rendu). Victor Hugo est, lui, indétrônable, en témoignent les nombreux spectacles qui lui sont consacrés chaque année ; ses oeuvres sont transposées à la scène (93,Adresse, notre compte rendu), mais le piquant de sa vie amoureuse revient depuis de nombreuses années au festival avec une pièce incandescente (Victor Hugo mon amour, Condition des soies, notre compte rendu).
Emile Zola, à son tour, est une mine féconde, qu’il soit écrivain, militant, pamphlétaire… ; en 2022 il était Zola l’infréquentable (tout un programme, même en antiphrase !), cette année il est Zola la rage à l’encre (Ancien Carmel, notre compte rendu).
On peut puiser dans le cinéma, avec La Femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob (Chien qui fume, notre compte rendu ; inutile de chercher des places, c’est complet pour toute la durée du festival ; nous en avons eu la récente confirmation par Jean-Philippe Daguerre lui-même), ou Pasolini pour les 50 ans de sa disparition (3 Raisins), ou Thelma, Louise et nous (Halles, notre compte rendu & photo), en clin d’oeil à Ridley Scott (1991) auquel faisait déjà allusion l’affiche du Festival de Cannes 2026, comme s’il y avait un hasard ! Ne passons pas à côté d’Hitchcock, à l’heure de #MeToo (Hitchcock et Marie-Rose, Gémeaux, notre compte rendu) ou d’un Walt Disney méconnu (Walt, la folie Disney, Chêne noir), ou de Greta la magnifique (Loin de Garbo, notre compte rendu 2023). Ni d’Alice Guy, une pionnière dans le 7e art (notre compte rendu 2025).
On rencontre aussi des peintres, comme Géricault à travers son chef-d’œuvre du Radeau de la Méduse (3S), ou Barye, un ami de Rodin et Delacroix, injustement plus connu aux Etats-Unis qu’en France (La Salle, notre compte rendu) ou Frida Kahlo (Libre de cojear, Scierie), ou les maîtres de l’Impressionnisme (Monet, Renoir et Bazille, roi René, notre compte rendu). A moins de s’intéresser à des icônes comme Michel-Ange, dans une comédie en alexandrins ! (La Sixtine, La Candencia, sous peu notre compte rendu). Ou d’autres créateurs, comme Gustave Eiffel, en fer et contre tous (3T-Les Platanes, notre compte rendu 2021). Sans oublier les danseurs (Dans l’ombre de Jorge Donn, notre compte rendu).
On n’hésite pas à inviter des figures mythiques, avec Le syndrome d’Ulysse (Balcon, notre compte rendu), ou le même Ulysse, totalement inattendu, à Gaza (Bourse, sous peu notre compte rendu). Ou Tristan et Iseut (Nouvelle Etincelle, notre compte rendu), tant la vision archétypale est toujours vivace…
Ou des icônes morales et spirituelles, comme la petite sainte Thérèse évoquée dans ses relations avec sa mère, sous un titre totalement anodin (Vivre d’amour, Coin de la lune), ou Hildegarde de Bingen (Oratoire, notre compte rendu), ou Martin Luther King, la force d’aimer (3S, notre compte rendu) ; autre créateur dont la figure dépasse largement la littérature, c’est Victor Hugo brûlant amant de Juliette Drouet (Victor Hugo, mon amour, Condition des soies, sous peu notre compte rendu).
Parmi les passionarias, Anna Politovskaia, dans Femme non rééducable, revient régulièrement au festival (Tremplin). Et c’est l’accident de bateau de la navigatrice Florence Arthaud – 4 ans avant sa disparition tragique dans un crash d’hélicoptère lors d’un tournage en 2015 – qui se vit avec intensité dans Une femme à la mer (Gémeaux ; sous peu notre compte rendu). Ou les grandes figures de leur époque, aux talents multiples, comme Hildegarde de Bingen (Oratoire, notre compte rendu).
Les célébrités peuvent être brocardées, comme le laissent entendre certains titres, détournés, ainsi Jacques et Chirac (Luna) ; il en est de même pour Mata Hari, titre provisoire (Artéphile). Et quand se bousculent, dans le même Philtre d’amour, des personnalités comme Wagner, Lully, Mozart, Claude Nougaro, les Rita Mitsouko, Queen ou encore Madonna, cela donne un véritable OVNI musical jubilatoire (Balcon).
Sur les planches, des personnages historiques revivent pendant quelques instants, comme Fouquet et son procès retentissant (Coin de la lune, notre compte rendu) : la même compagnie Les Cousins d’Arnolphe produit des spectacles depuis 1992, et propose aussi, cette année encore, Pharaon, Akhenaton le maudit (Platanes, notre compte rendu 2025). Jeanne d’Arc se dresse dans toute son indépendance (Jeanne la Rebelle, Artéphile). Olympe de Gouges jaillit d’un portrait déjanté et jubilatoire (Olympe(s), Scala, notre compte rendu). Jaurès, lui aussi se retrouve au prétoire, pour un moment qui vous bouscule, grâce la doyenne des comédiens, Pierrette Dupoyet (Jaurès, assassiné deux fois, Luna, notre compte rendu) ; avec la même intransigeance, la même auteure-metteure-en-scène-interprète évoque Rose Valland une héroïne méconnue qui traque les spoliateurs des juifs après la seconde guerre mondiale, dans Les caisses de la honte (Buffon, notre compte rendu) ; et, dans le même contexte, Charlotte Salomon, jeune artiste déportée à Auschwitz (Charlotte, Balcon) ; et Irena Sendlerowa qui, elle, sauva de la déportation 2.500 enfants juifs du ghetto de Varsovie (Entrepôt) ou Etty Hilsum, désormais bien connue mais toujours inspirante (Le souffle d’Etty, Oratoire, notre compte rendu). Ailleurs, on assistera à un fiasco judiciaire, au-delà de la personne de l’accusée, C.r.a.s.h. (Carmes, notre compte rendu). Chronique judiciaire aussi, qui en son temps défraya la chronique, l’Affaire Petiot (Actuel, sous peu notre compte rendu). Et l’Affaire Collini, qui fut le plus grand scandale juridique de l’histoire allemande du XXe siècle, un texte co-signé d’un nom célèbre (La Salle, notre compte rendu). Plus proche de nous, Kennedy, des hommes de courage (Baretta, sous peu notre compte rendu). On vopudrait presque réécrire l’histoire (Sacco et Vanzetti, Barriques, notre compte rendu). On se réapproprie ces personnages marquants, souvent emblématiques, en les découvrant sous un jour inattendu, comme Casanova (Lucioles, notre compte rendu, Coup de coeur de Sandrine).
L’histoire la plus récente s’invite inévitablement. Samuel Paty, héros malgré lui, dans Humanistes permet d’élargir la réflexion aux valeurs portées par la devise républicaine (Optimist, notre compte rendu 2025), et a également inspiré un autre spectacle, avec Carole Bouquet, dans un tout autre cadre que le festival d’Avignon. Moins tragique puisque bien terminée, la mésaventure de la navigatrice Florence Arthaud a également inspiré un spectacle (Une femme à la mer, notre compte rendu).
Mais le Festival est aussi l’occasion de faire connaissance avec de nombreuses personnalités, majoritairement féminines, que l’histoire a occultées, et magistralement ! Les femmes scientifiques, grandes oubliées brillent dans la série des « Fabuleuses » (toutes à la Reine Blanche) : Jocelyne Bell dans Prix No’Bell, découvreuse du pulsar (notre compte rendu 2025), ou comme Rosalind Franklin, dans L’affaire éponyme, qui a photographié la structure hélicoïdale de l’ADN (notre compte rendu 2025), ainsi que Lise Meitner (Exil intérieur), à qui est due la fission de l’atome, elle-même ouvrant la voie à la bombe nucléaire (notre compte rendu 2025) , la jeune patineuse américaine des années 1980-1990 Tonya Harding, (Poor White Trash, notre compte rendu), et enfin Marthe Gautier, découvreuse de la trisomie 21 (La découvreuse oubliée, notre compte rendu). Mais aussi des figures qui se cachent derrière un double mystère, comme Lizzie Siddal, modèle de peintres, dans Le mystère Ophélia (Corps-Saints).
Propositions non exhaustives ; vous pouvez compléter en commentaire de bas de page.
Geneviève & Christèle
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