Face à l’ignominie, un chemin de paix
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Chapelle de l’Oratoire. Du 4 au 24 juillet. Jours pairs. 18h15. Durée : 1h15. Réservations : 06 08 97 92 77
Elle s’appellait Etty Hillesum. Jeune femme juive, hollandaise, confrontée à la montée du nazisme, elle travaillait volontairement dans le camp de détention de Westerbrok comme assistante sociale auprès des réfugiés juifs. Puis est devenue à son tour détenue, et déportée comme tant d’autres en Pologne. Elle meurt à Auschwitz en 1943. Son journal intime et ses lettres, dont plusieurs rédigées à Westerbrok, témoignent d’un parcours fait d’angoisse, d’audace, de quête de sens. Un chemin intérieur que nous relatent, sur scène, une grand-mère (incarnée par Mary Vienot) et sa fille (jouée par Annick Galichet). Quelques planches et un banc occupent la scène pensée comme un chantier, symbolisant le chantier de transformation intérieure d’Etty. De la terre, une brouette, et tout au long du spectacle l’écoulement du sable depuis un seau suspendu au-dessus des acteurs, évocation de la clepsydre, du temps qui passe et mûrit les âmes.
Dans une mise en scène signée Michel Vienot, les deux comédiennes s’emparent des mots d’Etty pour incarner une personnalité aimant la vie jusqu’à garder le sens de l’humour dans les situations les plus tragiques. Elles sont aussi musiciennes et chanteuses, font entendre des chants poignants, très beaux, souvent issus d’une tradition hébraïque ou des pays de l’Est, dont une très douce et lancinante berceuse. Annick Galichet prolonge parfois l’interprétation avec des percussions corporelles. Face à l’ignominie de la Shoah, la quête spirituelle d’Etty se fait chemin de paix, et révélation mystique. Une leçon inspirante à méditer.
Carina. Photo C.I.
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