Un dernier voyage : douleurs et douceur
Voir aussi tous nos articles sur le Festival 2026
et tous nos comptes rendus pour 2026
et notre page thématique : catharsis pour problématiques d’aujourd’hui

Chêne noir, 12h15, durée : 1h20. Du 4 au 25 juillet, relâche les 6, 13 et 20 juillet. Réservations au 04 90 86 74 87
Une belle gageure que s’est fixée Mikaël Chirinian : adapter et mettre en scène le roman aux millions de lecteurs de Mélissa Da Costa. Le résultat est très réussi, il a su trouver la parfaite distance : nous émouvoir mais sans tomber dans le pathos, nous faire partager des instants de vie intimes mais sans tomber dans le voyeurisme. L’adaptation est faite avec beaucoup de pudeur et de sensibilité.
Émile, 26 ans, est atteint d’un Alzheimer précoce. Il passe une annonce pour chercher quelqu’un pour l’accompagner dans ses derniers instants, il quitte tout pour un voyage en camping-car dont il ne veut jamais revenir. Joanne répond à l’annonce. Ils partent alors au hasard des routes, ils suivent des chemins qui vont les faire se rapprocher, se découvrir, s’aimer. L’aventure se ponctue d’incidents liés aux pertes de mémoire et d’autonomie d’Émile.
Le décor se compose de rochers qui, avec les projections sur l’écran de fond de scène, permettent de faire surgir dans notre imaginaire les paysages traversés, et dessinent, grâce à ce camping-car miniature, tant l’itinéraire suivi que les chemins de la mémoire qui s’efface progressivement. La mise en scène de Mikaël Chirinian permet de se focaliser sur les émotions et sur les relations humaines, si intenses, si puissantes. Le récit se fait grâce au carnet retrouvé d’Émile, que sa sœur lit. On passe d’une manière habile et originale des moments de lecture de ce carnet aux instants vécus. On est comme dans l’esprit de cet homme dont la mémoire s’efface.
Les trois comédiens sont remarquables, incarnant avec pudeur, avec intensité, mais aussi humour parfois, ces personnages si forts, si attachants.
La pièce vous touchera tout autant que le roman et vous tirera des larmes, tout en transmettant ce beau message de profiter de la vie : Carpe diem.
Sandrine. Photo Jonty Champelovier
Laisser un commentaire