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Magali Léger & Albane Carrère, Raphaël Jouan & Kseniya Ilicheva, à Avignon (16-05-2026)

 

« Chiaroscuro »

Samedi 16 mai 2026, 20h, Église Saint-Agricol, Avignon

Dans le cadre de la saison de Musique Baroque en Avignon (site officiel)

Magali Léger, soprano ; Albane Carrère, mezzo-soprano ; Raphaël Jouan, violoncelle ; Kseniya Ilicheva, théorbe

Georg Friedrich Haëndel, Duetti da camera, HWV 178, “A mirarvi io son intento”; HWV 188, “Langue, geme, sospira e si langna”; HWV 197, “Tanti strali al sen mi scocchi”; HWV 194, “Sono liete, fortunate, dolci, grate”; HWV 198, “Troppo cruda, troppo fiera”; HWV 181, “Beato in ver chi puo”; HWV 190, “No, di voi non vuo fidarmi”. Antonio Vivaldi, Sonate pour violoncelle et basse continue RV40 ou RV43. Giovanni Bononcini, Chi d’amor tra le catene, opus 8, “Chi d’amor”; “Bella sì, ma crudel”; “Non conosce piacer”. Georg Friedrich Haëndel, Giulio Cesare in Egitto, “Cara speme, questo core” (mezzo solo). Georg Friedrich Haëndel, Il delirio amoroso HWV 99, “Per te lasciai la luce” (soprano solo). Claudio Monteverdi, Il Settimo Libro dei Madrigali, “O! come sei gentile, caro augellino”. Claudio Monteverdi, L’incoronazione di Poppea, “Pur ti miro, pur ti godo”. Giovanni Battista Pergolesi, Stabat Mater, “Quando corpus morietur” (bis)

Voir aussi toute la saison de MBA et nos articles de mai 2026

PRESENTATION DU CONCERT

« Chiaroscuro, c’est le clair-obscur italien, l’Italie que nous aimons, celle de Haendel jeune homme, de Monteverdi le précurseur, de Bononcini injustement méconnu. Le clair-obscur, c’est l’évocation de cette forme musicale qui nous transporte, le duo et ses oppositions fécondes, quand l’un ne serait rien sans l’autre, à l’image de la Nature, blanc et noir, Lune et Soleil, feu et glace… À une voix claire fait écho une voix sombre, au théorbe répond le violoncelle, pour fondre en un même creuset cette mystérieuse alchimie sans cesse renouvelée. Et la beauté surgira de ces contrastes, inspirés par la figure du Caravage, dont le caractère excessif et sanguin trouva sa géniale transposition dans la maîtrise du clair-obscur. » (document des artistes).

La programmation de MBA (Musique Baroque en Avignon) est désormais assurée par Karine Deshayes, Delphine Haydan et Jean-Michel Dhuez. Avec le quatuor voix/instruments qu’ils ont invité pour le prochain concert, ils ont concocté un programme tout en délicatesse, en frémissement de « clair-obscur », dans lequel les voix de Magali Léger soprano et Albane Carrère mezzo, que nous connaissons bien, et les instruments de Raphaël Jouan et Kseniya Ilicheva, que nous allons découvrir, devraient tisser un univers de choix.

Magali Léger avait été invitée par MBA en 2011 (18 octobre) et 2014, pour deux magnifiques concerts « inspirés », en l’église Saint-Pierre d’Avignon devenue depuis lors basilique. Quant à Albane Carrère, nous l’avions entendue à l’Opéra d’Avignon en 2016 dans la création scénique d’un opéra signé et dirigé par Peter Eötvös – compositeur disparu depuis lors -, Senza sangue, et nous avions eu le plaisir d’échanger avec elle sur sa formation, sa carrière, ses choix professionnels ; elle qui a fait un détour par la clarinette, la sociologie, l’italien, et les yeux grands ouverts sur le monde, avant de se spécialiser, insuffle à tous ses projets cette passion qu’elle a su garder intacte. Son partenaire de scène était alors le baryton Romain Böckler (notre entretien d’alors), lui aussi accueilli par MBA au Palais des papes – dans un programme de « musique au temps des papes », justement -, désormais membre du Concerto Soave de Marseille, et à ce titre co-responsable avec Jean-Marc Aymes du festival Mars en baroque (24e édition en mars 2026).

G.ad. Photos Anthéa Cintract, Simon Van Rompay, Luigia Messina, Gilles Saint-Salvi.

BIOGRAPHIES

MAGALI LÉGER, soprano

Récompensée d’un premier prix à l’unanimité du Conservatoire national supérieur de Musique de Paris, après ses études auprès de Christiane Eda-Pierre, Magali Léger est nommée peu après dans la catégorie « Révélations » des Victoires de la Musique Classique. Elle a travaillé avec des metteurs en scène tels que Laurent Pelly, Raoul Ruiz, Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, José Montalvo et Dominique Hervieu, Daniel Mesguich, Stanislas Nordey ainsi que les chefs d’orchestre Marc Minkowski, Michel Plasson, William Christie, Maurizio Benini ou encore Emmanuelle Haïm et Le Concert d’Astrée.

Elle est notamment Eurydice d’Orphée aux Enfers et Norina de Don Pasquale à l’Opéra de Lyon, Blondchen de L’enlèvement au sérail au festival d’Aix-en-Provence sous la baguette de Marc Minkowski, ou encore Minka du Roi malgré lui de Chabrier avec Evelino Pido, Léonore de L’Amant Jaloux de Grétry à l’Opéra-Comique et à l’Opéra Royal de Versailles, ainsi qu’Ilia d’Idoménée de Mozart au Festival de Beaune avec le Cercle de l’Harmonie sous la direction de Jérémie Rhorer.

Magali Léger chante sous la direction de William Christie et les Arts Florissants Rameau, Maître à danser, une mise en scène présentée dans le monde entier, Paris, Londres, Moscou, Séoul, New York… C’est aussi à New York qu’elle chante dans Les Fêtes Vénitiennes de Campra toujours avec Les Arts Florissants, avant de participer à la création mondiale à Lausanne de l’oratorio de Michaël Levinas La passion selon Marc, une passion après Auschwitz.

Elle continue sa collaboration avec Emmanuelle Haïm au Théâtre des Champs-Élysées pour un gala Mozart, et à l’Opéra de Dijon où elle a interprété la Statue du Pygmalion de Rameau et Psyché dans L’Amour et Psyché de Mondonville, une création reprise ensuite à l’Opéra de Lille, au Grand Théâtre de Luxembourg et à l’Opéra-Théâtre de Caen.

Elle rejoint Anna Caterina Antonacci au Grand Théâtre de Genève pour participer à la création de Médée, de Marc-Antoine Charpentier, sous la direction de Leonardo García Alarcón et son ensemble Cappella Mediterranea, dans une mise en scène de David McVicar.

Magali Léger saisit ensuite l’occasion de montrer la diversité de son répertoire : après la reprise de Pygmalion et une résidence d’un an au Havre avec son ensemble de musique baroque RosaSolis, elle chemine des duos de Purcell à la comédie musicale Mars-2037 de Pierre Guillois, en passant par une série de concerts-hommages à la cantatrice Pauline Viardot.

Cet éclectisme se confirme les années suivantes, la musique baroque, à commencer par Bach, ses deux Passions et sa version en allemand du Stabat Mater de Pergolèse, mais aussi de nombreux concerts avec Les Paladins de Jérôme Correas, puis Mozart avec Zerlina de Don Giovanni, avant un retour au romantisme par la création avec Jean-François Lombard de l’ensemble Le Salon, dédié à la musique de chambre du XIXè siècle, et enfin une présence accrue avec l’ensemble Contraste, pour des programmes évoquant Joséphine Baker et les grandes voix de la comédie musicale…

ALBANE CARRÈRE, mezzo-soprano

Louée pour sa « voix caméléon » (France Musique, février 2023), la mezzo-soprano française Albane Carrère s’épanouit autant dans les grandes productions lyriques que dans les projets chambristes.

Née à Vienne en Autriche, elle étudie la sociologie à l’Université libre de Bruxelles puis le chant au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles, avant de se produire régulièrement en soliste dans divers festivals européens et sur les scènes des maisons d’opéras de France, de Belgique et d’Italie, dans un répertoire allant du baroque au contemporain. Récemment, elle a interprété Chérubin de Massenet au théâtre des Champs-Elysées, Carmen au Théâtre Bellini de Catane, le rôle principal de The Woman dans la création mondiale Is this the End ? de Jean-Luc Fafchamps au Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles et Idamante dans Idomeneo de Mozart à l’Opéra Grand Avignon. En tournée, elle s’est produite avec le Trio Hélios et la Belle Saison jusqu’au théâtre des Bouffes du Nord à Paris.

On a pu entendre Albane sur France 3 dans l’émission Musiques en Fête en direct depuis le Théâtre Antique des Chorégies d’Orange et dans l’émission Fauteuils d’Orchestre. Elle est régulièrement enregistrée pour des radios telles Musiq3, Arte Live Xeb, Radio Classique, la BBC, France Musique…

Parmi ses disques, Still Schubert enregistré avec le quatuor Alfama a remporté les Octaves de la musique classique 2020. Dans sa rubrique « les albums préférés du Monde » en 2022, son disque Il est quelqu’un sur terre est classé numéro 1 dans la sélection du critique musical Pierre Gervasoni. Son récent disque Karl Weigl avec l’ensemble Mark Rothko a remporté 5 Diapasons et son disque Folk Songs s’est vu classer Album de la semaine sur France Musique et numéro 1 dans la sélection avril 2024 du Monde.

Albane vient de se produire dans L’Enfant et les sortilèges de Ravel et dans Madama Butterfly sur les scènes des opéras d’Avignon, de Tours et au Festival d’Aix-en-Provence.

Cette saison, elle sera Carmen en tournée en Chine avec les musiciens de l’Orchestre de Paris et Zerlina au Teatro Massimo Bellini de Catane. En concert, nous l’entendrons entre autres en tournée pour la sortie de son nouveau disque Kiki à Paris.

RAPHAËL JOUAN, violoncelle

« On découvre chez Raphaël Jouan, en plus d’une forte personnalité, une grande imagination sonore, un sens des climats poétiques variés, pour ne rien dire de son impeccable technique » (Classica, 2021)

Le jeune violoncelliste Raphaël Jouan, Révélation Classique de l’Adami, se caractérise par son éclectisme et sa curiosité. Il s’adonne avec autant de joie et de passion à l’exploration de la musique de chambre, des grands concertos, des musiques improvisées, et on le retrouve sur les grandes scènes et festivals comme dans des cadres intimistes et des lieux atypiques.

Raphaël est invité à jouer dans des salles prestigieuses (Philharmonie de Paris, Théâtre des Bouffes du Nord, Arsenal de Metz, Wigmore Hall…), sur les ondes de France Musique, et dans le cadre de nombreux festivals en France et à l’International (Les Folles journées de Nantes, Varsovie, Tokyo, le Festival des Arcs, la Roque d’Anthéron, les rencontres Musicales d’Evian, le Festival Pablo Casals…).

En 2023, il fait ses débuts à la Philharmonie de Paris en soliste et avec le Paris Mozart Orchestra, capté en direct par Arte Concert. Parmi ses partenaires réguliers, on retrouve l’accordéoniste Bruno Maurice, le violoniste Thibaut Reznicek, la mezzo-soprano Albane Carrère et la pianiste Flore Merlin avec qui il sort en 2021 son premier album Sérénade, salué par la critique.

Passionné de musique de chambre, activité fondamentale de sa vie musicale, il fonde en 2014 le Trio Hélios (avec Alexis Gournel au piano et Eva Zavaro au violon), formé au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris ainsi qu’à l’ECMA. Le trio est lauréat de nombreux concours (Concours de Lyon, Joseph Joachim, Trondheim…) et a gravé deux albums pour le label Mirare : D’un matin de printemps et Bohemia (CHOC Classica). Le trio Hélios est en résidence à la fondation Singer-Polignac et est représenté par l’agence Claire Laballery.

Très attiré par les musiques improvisées, Raphaël a travaillé avec certains des plus grands violoncellistes jazz et artistes de musique du monde (Vincent Ségal, Stephan Braun, Vincent Courtois, Mike Block et de nombreux membres de Silk Road Ensemble) en France, Allemagne, Chine, Etats-Unis, et s’est produit dans de nombreux clubs de jazz et festivals improvisés (Sunset-Sunside, Café de la Danse, Festival jazz Contreband, Uzeste Musical, Fête de l’Huma, l’Atelier du Plateau, Opéra Underground de Lyon…).

Raphaël a suivi le cursus du Conservatoire à rayonnement régional de Metz avec Jean Adolphe, puis du Conservatoire à rayonnement régional de Boulogne-Billancourt avec Xavier Gagnepain. Il entre ensuite au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Michel Strauss et Guillaume Paoletti. Durant la saison 2017-2018, Raphaël est sélectionné pour la prestigieuse Classe d’Excellence de Gautier Capuçon à la fondation Louis Vuitton. Il se perfectionne ensuite à la l’Université des Arts de Berlin avec Danjulolshizaka.

Durant la saison 2024-2025, il est artiste en résidence à la Cité Musicale de Metz et enregistre son prochain album en soliste pour La Dolce Volta, au côté de l’Orchestre National de Metz Grand Est sous la direction de David Reiland.

KSENIYA ILICHEVA, théorbiste

Jeune théorbiste et luthiste originaire de Sibérie, Kseniya, qui a à cœur de défendre le théorbe aussi bien en tant qu’instrument d’orchestre qu’instrument soliste, se distingue par sa musicalité exceptionnelle et une compréhension profonde des nuances de la musique ancienne. En tant que musicienne baroque de la nouvelle génération, elle désire faire évoluer cette musique tout en respectant les traités fondamentaux enseignés par ses aînés.

Kseniya commence son parcours musical comme guitariste classique. À l’âge de 18 ans elle se fait remarquer par Gabriel Bianco, concertiste et pédagogue français, et entre dans sa classe de guitare à Paris, où, en 2016, elle obtient son prix à l’unanimité avec les félicitations du jury.

Après avoir fini son cursus en guitare classique, Kseniya Ilicheva prend la décision de se consacrer à la musique ancienne. En 2019 elle intègre donc la classe de luth et de théorbe au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, cursus sanctionné en 2024 avec une mention très bien.

Depuis 2019, Kseniya travaille régulièrement avec Les Musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkowski, Les Accents dirigé par Thibault Noally, l’Ensemble Matheus sous la direction de Jean-Christophe Spinosi, ou encore l’Orchestre de L’Opéra Royal de Versailles. Elle accompagne régulièrement avec ces ensembles des artistes de renommée internationale comme Cecilia Bartoli, Philippe Jaroussky ou encore Andreas Scholl.

Kseniya est lauréate de la Fondation de Tarrazi et Fondation Meyer, un soutien accordé aux jeunes musiciens.

ANALYSE DES ŒUVRES

Le clair-obscur – le fameux « chiaroscuro » – est l’une des clés de l’esthétique baroque. En l’inscrivant au cœur de ce programme, Magali Léger, Albane Carrère et leurs partenaires transposent dans le domaine vocal les contrastes vertigineux qui fondent l’œuvre du Caravage. Deux voix féminines, un théorbe et un violoncelle sont les messagers de ce voyage musical qui, du dernier Monteverdi aux pérégrinations romaines et londoniennes de Haendel, expriment tour à tour les délices et les tourments de l’amour. De cette poésie riche en images, où l’on meurt volontiers par métaphore, la musique jaillit, inépuisable, surprenant l’auditeur par ses éclairages inattendus. Et ce duo féminin d’incarner au mieux l’essence baroque.

Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Duetti da camera

A partir de 1707, Haendel entreprend une série de duos italiens puisant dans la poésie pastorale d’obédience arcadienne. Amorcés à Rome, la plupart d’entre eux ont été conçus après 1710 à Hanovre et au terme de la carrière londonienne du compositeur. De nombreuses séquences de ces productions ont été réutilisées par Haendel dans son répertoire dramatique, ainsi la deuxième partie de A mirarvi io son intento que l’on retrouve dans Alcina. Composé tardivement en 1740, No, di voi non vuo fidarmi renoue, lui, avec l’esthétique des duos italiens écrits trente ans plus tôt.

Ces duos sont généralement de forme tripartite da capo, avec une partie centrale plus retenue. On y observe des jeux fréquents de questions-réponses entre les deux voix (HWV190), une écriture homophonique et des évocations imagées (ainsi dans le duo HWV188 qui décrit la « colomba ») ; ils laissent également s’épancher une écriture plus lyrique (les lignes horizontales se déploient sur des valeurs longues en marches harmoniques), l’enlacement harmonieux des voix (HWV 194) et les sections virtuoses en vocalises et en fugato (HWV194,197).

Antonio Vivaldi (1678-1741), Sonate pour violoncelle et basse continue n° 5 en mi mineur RV 40 ; Largo – Allegro – Largo – Allegro. Ou Sonate pour violoncelle et basse continue n° 3 en la mineur RV 43 ; Largo – Allegro – Largo – Allegro

Publié à Paris vers 1725, le recueil des six sonates pour violoncelle et basse continue de Vivaldi s’inscrit dans la tradition initiée dans ce genre par le compositeur Benedetto Marcello. D’une facture unitaire, l’ensemble était destiné aux besoins de la noblesse parisienne. Ces sonates adoptent une structure immuable en enchaînant à deux reprises un mouvement lent et sa contrepartie rapide. Le Largo initial de la Sonate n° 5 s’appuie sur une phrase pénétrante en notes répétées qui contraste avec un second mouvement bondissant. Le second Largo est une plainte alanguie animée par un gruppetto insistant. Le final affirme son mètre ternaire et son solide tempérament.

Le premier Largo de la Sonate RV 43 oppose deux motifs contrastés : l’un en rythme pointé, l’autre plus lyrique en notes égales. Nerveux, l’allegro qui suit combine les valeurs de croches et doubles croches en un mouvement de type dansé. D’essence mélodique, le second Largo déroule sa mélodie très vocale. Quant à l’Allegro terminal, il est doté d’une énergie inextinguible et anticipe l’esprit de Boccherini.

Giovanni Bononcini (1670-1747), Chi d’amor tra le catene, opus 8

Bononcini, qui jouissait d’une grande notoriété en Italie et en Europe, avait été appelé à Londres en 1720 où Haendel, l’une de ses vieilles connaissances, régissait en véritable homme d’affaires la vie lyrique locale. Datant de la toute fin du XVIIe siècle, ce duo de chambre pour deux sopranos est pour autant antérieur à cette période. Décrivant le piège de l’amour qui précipite l’imprudent dans « l’abîme des peines », les deux voix s’enlacent avec sensualité, se répondent en écho avant de se confondre sur de touchantes broderies.

Georg Friedrich Haendel, Giulio Cesare in Egitto, “Cara speme, questo core” (mezzo solo)

Composé en 1724, Giulio Cesare in Egitto est l’un des plus grands ouvrages lyriques de Haendel, dont l’ampleur de la conception réside dans la profondeur psychologique des sentiments exprimés, la richesse dramatique et la subtilité de l’instrumentation. Dans cet air, Sesto, le fils de Pompée, promet à sa mère Cornelia de tuer Ptolémée. Alanguie, d’une grande sensualité, la ligne vocale traduit l’espoir d’une vengeance prochaine.

Il delirio amoroso HWV 99, “Per te lasciai la luce” (soprano solo)

Cette cantate pour soprano, orchestre et basse continue est contemporaine de l’installation de Haendel à Rome en 1707. Elle repose sur un texte du cardinal Pamphili et dépeint les amours du berger Tirsi et de la nymphe Clori. Après la mort de Tirsi, Clori tente de l’arracher aux enfers. Précédé d’un récitatif, l’air Per te lasciai la luce décrit la douleur de la nymphe voyant son aimé lui échapper et joue sur l’opposition entre le royaume des morts et le monde des vivants symbolisé par la lumière. Le violoncelle solo amplifie la plainte vocale.

Claudio Monteverdi (1567-1643), Il Settimo Libro dei Madrigali

Publié à Venise en 1619, le Septième Livre de madrigaux de Monteverdi illustre de manière magistrale la « seconda pratica » qui consomme l’abandon de la vieille forme du madrigal polyphonique au profit de la nouvelle monodie accompagnée. Sous-titré « Concerto », le recueil rassemble une multitude de formes et de genres, dont la Lettera amorosa et le ballet Tirsi et Clori. Le duo de sopranos « O come sei gentile » regorge d’imagination et de fraîcheur, les lignes très ornées illustrant la douleur d’amour à travers l’image de l’oiseau prisonnier.

L’incoronazione di Poppea

Créé en 1642 à Venise, Le Couronnement de Poppée est l’ultime ouvrage lyrique de Monteverdi. Le livret de Busenello s’inspire d’un chapitre de l’histoire romaine (où figurent notamment le suicide de Sénèque et la répudiation d’Octavie par Néron) immortalisé par les Annales de Tacite. Le présent concert s’achève par le duo final de l’opéra, scellant l’amour de Poppée et Néron. S’élevant au-dessus d’une basse obstinée, l’invention mélodique du compositeur, emplie d’accents sensuels, y fait merveille. Une musique sublime !

Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736), Stabat Mater

Dernière œuvre, ô combien symbolique, du génie de Pergolèse, disparu prématurément en 1736, son Stabat Mater réunit les attributs du motet, de la cantate et du duo de chambre.

Alors que la première partie, narrative, plonge l’auditeur dans l’affliction, la seconde voit la douleur s’effacer devant l’espoir et le réconfort. Recueilli, le numéro final « Quando corpus morietur » recourt à des effets d’écho et confine à l’immatérialité. Il s’achève sur un Amen réconfortant.

(Pascal Huynh, analyse des oeuvres)

 

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