Bel hommage aux « munitionnettes »
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- Le Verbe fou, 10h45, 1h25. Du 3 au 25 juillet, relâche les 8, 15 et 22 juillet.
La pièce s’ouvre avec la mobilisation des hommes pour la première guerre mondiale, une guerre qu’on imaginait courte. Les femmes les accompagnent, fiancées, épouses, mères… C’est le destin de quatre de ces femmes que nous propose de suivre cette pièce écrite avec beaucoup de sensibilité par Michel Bélier, quatre femmes que tout semble opposer, mais qui se retrouvent à travailler dans la même fabrique de munitions pour vivre et survivre. Il y a d’abord Jeanne, la plus âgée, qui a vécu la guerre de 70 et qui en veut aux Allemands ; elle a vu partir un mari et deux fils, qui seront fusillés pour trahison. Il y a ensuite Julie dont le fiancé ne reviendra pas, qui deviendra marraine de guerre et qui épousera ce soldat blessé. On rencontre aussi Louise, journaliste qui se bat pour faire évoluer les droits des femmes, qui mourra des produits chimiques respirés dans l’usine. Enfin Rose est la plus simple au début, mais c’est elle qui continuera le combat de Louise, qui luttera pour faire évoluer cette société, elle dont le mari est revenu en laissant son esprit à la guerre.
Les actrices incarnent toutes avec une belle sensibilité et beaucoup d’humanité ces femmes si différentes mais engagées dans le même combat. Elles nous font partager toutes leurs émotions. Peu de décor, mais grâce à la magie du théâtre et à des gestes presque chorégraphiés, on ressent physiquement tout le poids et toute la fatigue de ce travail à la chaîne auquel elles sont contraintes. Le dynamisme de la mise en scène restitue, lui, l’énergie qu’elles déploient, tant dans le travail que dans leur combat idéologique.
Un bel hommage rendu à ces femmes, à leur engagement, à leurs combats, mais une pièce qui permet de mesurer à quel point il reste encore des combats à mener.
Sandrine. Photo Jean-Claude Kagan
Nous avions vu en 2021 une autre version de cette pièce.
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