Hommage à celle qui a sauvé des milliers d’œuvres d’art des nazis
Voir aussi tous nos articles sur le Festival 2026
et tous nos comptes rendus pour 2026
et notre page thématique : les grandes figures inspiratrices

Buffon, 11h20, durée : 1h15. Du 4 au 25 juillet, pas de relâche. Réservations au 04 12 29 01 24
Comme elle le fait depuis tant d’années, Pierrette Dupoyet, doyenne du festival (notre entretien) – c’est sa 44e édition -, incarne avec beaucoup de force Rose Valland, cette héroïne de l’ombre. Elle est cette femme, de son enfance à sa mort. Elle sait, avec beaucoup de justesse et de talent, devenir véritablement le personnage qu’elle incarne. Comme toujours, elle choisit des figures fortes et inspirantes, que ce soit Jaurès, Alexandra David Neel, Louis Braille (voir notre entretien), Joséphine Baker, Léonard de Vinci, Sarah Bernardt, Rimbaud ou Alexandra.
Rose Valland rêvait d’être institutrice, mais son talent pour l’art incite ses professeurs à la pousser vers les Beaux-Arts, à Lyon d’abord puis Paris. Elle deviendra conservatrice du musée du jeu de Paume lorsque la seconde guerre mondiale éclatera. Elle participera à protéger les œuvres des plus grands musées, les cachant, les transportant dans des caisses pour les mettre à l’abri. Mais elle aura aussi un rôle essentiel en répertoriant avec courage tout ce qu’elle verra emporter en Allemagne par les nazis dans ces caisses de la honte. Elle sera horrifiée et scandalisée en comprenant la spoliation des juifs de France de tout leur patrimoine artistique, mais aussi des autodafés de ce que les nazis considèrent comme de l’art « dégénéré ». Après-guerre, elle aidera à retrouver et à restituer plus de 60.000 œuvres d’art volées par les nazis.
De nombreux tableaux sont présents sur scène, à jardin ; ils constituent une vraie galerie des œuvres que les nazis ont aimées et volées, autant que celles qu’ils ont voulu détruire. Tandis qu’à cour, c’est un petit bureau qui représente aussi bien la maison d’enfance que l’appartement Rive gauche ou le bureau de Rose avec ses précieux carnets, la mémoire des œuvres spoliées.
Un superbe hommage rendu à une grande Résistante, celle qui a protégé les œuvres d’art, celle qui a aidé au rapatriement et à la restitution de celles-ci, incarnée par une Pierrette Dupoyet littéralement habitée par le rôle.
Sandrine.
Le 14 avril 2026, était paru dans Vaucluse-Matin un long article consacré à ce sujet. Avignon est la ville qui a été privée du plus grand nombre de toiles -19 – par les spoliations des nazis, vis-à-vis des juifs, mais aussi des opposants politiques, des francs-maçons, entre autres… Exposées dans un espace dédié au musée Calvet, après avoir dormi dans les réserves depuis 1946, elles cherchent désormais leurs propriétaires.
Geneviève
Laisser un commentaire