Un spectacle qui nous ré-humanise !
Voir aussi tous nos articles sur le Festival 2026
et tous nos comptes rendus pour 2026
et notre page thématique 2026 : catharsis pour problématiques d’aujourd’hui

Théâtre des Doms, du 4 au 25 juillet, 12h30, 1h15, relâche les mercredis 8, 15 et 22 juillet
Deux comédiennes au plateau : une narratrice, également interprète vocale des différents personnages (Céline Delbecq), et une marionnettiste de playmobils qui miment la scène (Isabelle Darras), projetés sur grand écran. Témoins de cet enfermement moral de Claire Lagrange qui nous est raconté, nous assistons aux échanges des différents protagonistes qui essaient de comprendre le silence de Claire, qui se comporte comme si elle était enfant, ne parlant plus. Se succèdent alors sur le plateau sa mère (qui parle beaucoup mais ne comprend pas ce qui se passe), son fils, deux résidents de l’établissement où elle se trouve, et Madame qui gère cet établissement. Si la voix (ou plutôt les voix au pluriel) sont primordiales pour décrire le silence de Claire – paradoxe troublant -, les objets ont toute leur place dans cette mise en scène signée aussi de Céline Delbecq. Les contrastes sont nombreux : le silence de Claire et la logorrhée intarissable mais inutile de sa mère, les objets et les êtres humains, la ville et la forêt, la vitesse et la lenteur, l’ombre et la lumière, la beauté de la vie sauvage et l’existence humaine. Sans pour autant risquer un manichéisme réducteur.
Peignant les fissures que la vie nous laisse, Céline Delbecq a écrit un texte magnifique pour évoquer les ruptures que connaissent tel ou tel dans la vie, ruptures qui se révèlent indélébiles, même étouffées pendant de longues années. La scène se passe à l’extérieur d’une ville, près d’une forêt, à l’écart des « gens de la ville », qui semblent être les (futurs) candidats au mal-être qui nous ronge dans notre société : image de la dichotomie existentielle.
Comment reprendre possession de soi, de son corps, de son âme, quand on subit un traitement chimique qui veut nous calmer ? Est-ce la solution : faire taire les gens qui souffrent (ou éteindre leur personnalité) ? Est-ce pour cacher nos peurs qui nous effraient ? Est-ce la voie pour guérir ? La société anesthésie-t-elle par impuissance à soigner ces fissures ?
Cette pièce nous interpelle mais elle nous renvoie aussi comme un miroir à notre vie : nous connaissons tous une Claire Lagrange.
Une pièce puissante, poignante et qui nous touche au plus profond de nous-même ! Une magnifique prestation de comédiennes !
Christèle. Photo Alice Piemme@AML
Laisser un commentaire