Le plaisir des mots de Balzac mais quid de la mise en scène ?
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FESTIVAL 2025. Théâtre des 3S le Quatre, 13h00, durée : 1h15. Du 5 au 26 juillet, relâche les 7, 14 et 21 juillet. Voir aussi tous nos articles du Festival 2025 et tous nos comptes rendus 2025

Cette pièce est une adaptation du Chef-d’œuvre inconnu de Balzac. La comédienne Catherine Aymerie est seule en scène et elle va jouer à tour de rôle les différents personnages. Elle fait magnifiquement résonner les mots de Balzac dans une diction parfaite et avec des intonations qui rendent exactement les émotions de tous les personnages. Toute l’intensité de la nouvelle de Balzac est bien retranscrite, avec les doutes et les incertitudes sur ce qu’est l’art, sur ce qu’est la peinture, mais aussi sur ce que l’on appelle chef-d’œuvre. Les goûts des uns ne sont pas ceux des autres, et cette nouvelle pourrait presque se lire comme préfiguratrice de ce que sera l’art moderne puisque le tableau que révèle Frenhofer semble être devenu tellement abstrait que ses amis n’y reconnaissent plus la femme si belle que celui-ci semble voir. Mais à une époque où la peinture doit être la plus proche possible du réel son œuvre choque les rares personnes à qui il a accepté de la montrer.
Nous avons regretté qu’il n’y ait pas de véritable mise en scène du texte. La comédienne reste tout du long habillée d’un très joli manteau, elle se déplace dans l’espace scénique mais de façon qui a du mal à prendre sens ; seule la tonalité de sa voix change pour nous faire comprendre qu’elle incarne un autre personnage. Le décor est simple : une table avec une cruche et un verre et un fauteuil. Ce dernier est quelquefois déplacé, mais là encore nous cherchons encore vainement le sens… très caché !
Ce texte permet une belle réflexion sur la peinture et nous plonge avec plaisir dans les mots de Balzac, que la comédienne habite avec beaucoup de force et d’intensité, faisant partager les émotions des personnages, mais nous avons regretté qu’elle n’incarne pas à proprement parler ceux-ci.
Une belle mise en voix de ce texte, qui mériterait un travail plus poussé de mise en scène.
Sandrine. Photo JF Delon
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