Quand la justice vacille face à l’Histoire…
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Collège de la salle, 19h50, durée : 1h15. Du 4 au 25 juillet. Réservations : 06 51 20 61 20.
L’Affaire Collini, pièce écrite par Ferdinand von Schirach, relate un procès qui fut l’un des grands scandales juridiques de l’Allemagne. Derrière un meurtre apparemment inexplicable se dessine une réflexion implacable sur la mémoire, la justice et les zones d’ombre de l’Allemagne d’après-guerre. Inspirée d’une affaire qui dénonce les failles juridiques ayant permis à d’anciens criminels nazis d’échapper à leurs responsabilités, l’œuvre interroge avec force le poids du passé dans les décisions du présent.
Sur scène, la tension est permanente. Dès les premiers instants, les comédiens installent un climat oppressant où le silence de Fabrizio Collini devient aussi éloquent que les plaidoiries de son jeune avocat Caspar Leinen. Les échanges, d’une précision chirurgicale, tiennent le public en haleine tandis que les vérités enfouies émergent progressivement. Chaque regard, chaque hésitation, chaque montée de voix construit le suspense qui ne faiblit jamais.
L’interprétation constitue sans conteste la grande force du spectacle. Les acteurs livrent une prestation d’une intensité remarquable, jouant avec une justesse qui rend les dilemmes moraux profondément humains. Le jeune avocat, partagé entre son devoir de défendre son client et son histoire personnelle avec la victime, exprime avec finesse toute la complexité de son combat intérieur. Face à lui, Collini impressionne par une présence presque mutique, dont le silence devient une arme dramatique d’une rare puissance.
La mise en scène de Franck Bouchet, sobre et efficace, privilégie la force des mots et la confrontation des consciences. Elle maintient une tension dramatique continue, jusqu’à un dénouement bouleversant qui laisse le spectateur face à une question essentielle : une justice peut-elle être véritablement rendue lorsque l’Histoire elle-même a organisé l’oubli ?
Cette pièce nous offre une réflexion universelle sur la responsabilité, la mémoire et la nécessité de regarder le passé en face. Un spectacle captivant, porté par une interprétation d’une intensité rare, qui saisit le public du début à la fin.
Christèle. Photo Cie Viv’Art
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