Une adaptation utile, mais (trop) moderne, (trop) monolithique, de l’œuvre de Giraudoux
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Les Brunes, 14h50, durée : 1h10. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15 et 22 juillet. Réservations au 04 84 36 00 37
Quelques heures avant l’arrivée du négociateur grec Ulysse, à Troie, l’heure est grave, une cellule de crise est donc réunie pour savoir s’il faut tout faire pour éviter la guerre ou au contraire accepter de la faire. Les débats font rage, les peurs sont présentes, mais aussi les négociations politiciennes, les compromissions…
Edouard Dossetto fait le choix de transposer cette pièce de Giraudoux à notre époque : les inquiétudes présentes dans la pièce résonnent de manière très actuelle. S’il est intéressant de montrer cette modernité du texte, nous avons un peu regretté cette plongée dans la contemporanéité à l’aide de visioconférences, mais aussi la réduction de Cassandre à une assistante vocale. On frise parfois la caricature, ôtant ainsi de la nuance au texte de Giraudoux, qui n’en manque justement pas.
Tout ici est centré sur la parole et sur la confrontation des idées. Les échanges sont cinglants parfois, ironiques souvent. Les mécanismes diplomatiques et politiques sont disséqués, les positions individuelles dénoncées, les renoncements successifs critiqués. Nous voyons véritablement comment l’engrenage de la guerre se met inexorablement en place malgré les bonnes volontés de chaque côté, même si les émotions semblent un peu reléguées au second plan, sans doute par choix.
Les comédiens sont pleinement engagés dans leur rôle, ils poussent leurs réactions à l’extrême au point de devenir des archétypes, ce qui sert le propos de la pièce.
Une pièce résolument moderne dont les préoccupations concernant la guerre et sa proximité ressurgissent bien trop souvent dans notre quotidien. Une mise en scène très actuelle, exempte de nuances et d’émotions, mais qui dénonce d’une manière cinglante, cynique et juste les mécanismes qui conduisent au conflit armé.
Sandrine. Photo Fadi el Samra
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