Iles : l’utopie en héritage ?
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Bourse du travail, 13h, durée : 1h20. Du 4 au 25 juillet, relâche les 6, 13 et 20 juillet. Réservations en ligne.
Que reste-t-il de nos rêves ? En partant de l’étonnante histoire vraie de l’Île de la Rose, Aurélie Normandon, une micro-nation créée au large de l’Italie en 1968 – tout comme Auroville, cité internationale de l’utopie créée la même année en Inde… et toujours vivante -, Iles nous conte une histoire profondément humaine.
Tout commence lorsque Léo retrouve les carnets de sa grand-mère Léopoldine. En les parcourant, elle découvre bien plus que des souvenirs de famille : c’est toute une époque qui ressurgit, celle des révoltes étudiantes, des combats pour la liberté et de la conviction qu’un autre monde était possible. Peu à peu, le passé vient éclairer le présent et invite chacun à s’interroger sur les idéaux qui continuent de nous faire avancer.
La petite histoire se mêle avec finesse à la grande. Derrière le destin d’une famille se dessinent les mémoires des femmes, les espoirs, les doutes et les désillusions d’une génération qui voulait changer la société. Sans jamais être nostalgique, Îles rappelle que ces combats ne sont pas si éloignés des questions que nous nous posons aujourd’hui.
La mise en scène accompagne ce voyage avec beaucoup de délicatesse. Quelques éléments de décor, des lumières soignées et des projections discrètes suffisent à faire voyager le spectateur d’une époque à l’autre. Rien n’est démonstratif : tout est pensé pour laisser vivre les personnages et leurs émotions.
Les comédiens donnent beaucoup de vérité à cette histoire. Les scènes de groupe restituent l’énergie des années 1968, tandis que les moments plus intimes touchent par leur simplicité et leur sincérité. On croit à ces personnages, à leurs convictions comme à leurs fragilités.
Au fil de la représentation, Îles parle finalement moins d’un lieu que de ce qui nous relie les uns aux autres : la mémoire, la transmission et l’envie de croire qu’il est toujours possible de faire bouger les lignes. Une pièce sensible, lumineuse et pleine d’humanité, qui rappelle que les plus belles utopies ne disparaissent jamais tout à fait : elles changent simplement de visage.
Christèle. Photo Marina Viguier
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