Paul Fructus donne chair à Giono
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Théâtre de la Bourse du Travail CGT, 19h, 1h10. Du 4 au 24 juillet, jours impairs. Réservations : 06 08 88 56 00
Un banc, une scène dépouillée. Paul Fructus, trapu, veste en velours, ressemble à un habitant de la Haute-Provence chère à Giono. Ce comédien tout en force vitale a longtemps incarné Victor Hugo. Le voici qui puise l’inspiration du côté d’Un de Baumugnes, du Prélude de Pan et du Chant du monde, pour donner chair, littéralement, à une langue âpre, charnelle. Et l’on est emporté. D’abord, par la présence du comédien, seul en scène. Et très vite par sa façon de donner vie à la multitude de personnages qui peuplent le texte.
Quelques secondes à peine, et les visages habitent la scène, peuplent le paysage que déroule sous nos yeux une adaptation à la fois fidèle et efficace. Nous sommes au plus près de ces hommes, de ces femmes, d’une terre rude, où chaque mot pèse son poids de matière. La poésie gionesque opère, nous emporte. Le récit nous entraîne dans l’excès d’une fête quasi païenne, nous sommes chez Dionysos. Avec en contre-poids le corps du comédien, qui sait aussi réinventer une légèreté, un silence. Tout s’achève avec un choral de Bach, Jésus Que ma joie demeure. Jésus est absent. Mais la joie demeure.
Carina. Photo DR
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