Un vibrant plaidoyer implacable
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Espace Saint-Martial, 21h59, durée : 1h15. Du 6 au 25 juillet, relâche les 12 et 19 juillet. Réservations : 09 86 34 52 24.
Une famille habitant Jérusalem se déchire : David défend l’attitude choisie par le gouvernement israélien à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre, tandis que son frère Isaac, venu des Etats-Unis, la condamne. Rien ne laissait présager une opposition radicale et finalement irréversible au sein de cette famille. En effet, au lendemain des accords d’Oslo, David, juif, a épousé Leïla, palestinienne, pour être un exemple et construire une paix entre les deux peuples. Mais la réalité les rattrape quelques décennies plus tard lorsque la sœur est otage du Hamas tandis que le fils est arrêté par les soldats israéliens à la suite d’une manifestation pacifiste.
Se déroule alors sous nos yeux une joute verbale entre David, Leïla et Isaac, auxquels viendra se joindre en arbitre un diplomate suisse, venu pour garantir que le débat entre les deux frères puisse avoir lieu. Ainsi, chacun dévoile ses pensées, ses convictions, en s’appuyant sur des arguments qui soulignent l’existence d’un clivage profond. Celui-ci sera-t-il insurmontable ? Telle une enquête menée par les protagonistes, chacun cherche à réunir des arguments pour conforter sa position, et lutter contre les fake news, afin d’emporter l’avantage lors du débat. Dans un huit clos passionnant, le conflit israélo-palestinien revit sous nos yeux, avec son lot de violences quotidiennes. Évoquant sans concession ni langue de bois la situation depuis des années, c’est un vibrant plaidoyer implacable qui décline des arguments avec minutie et méthode et aborde les accusations récentes de génocide et crime contre l’humanité : rien ne peut et ne pourra justifier ces atrocités perpétrées !
La mise en scène, signée Jean Chollet, souligne l’enfermement de la pensée de l’un des frères, sioniste, mais aussi l’impact au sein des foyers des événements extérieurs qui s’affirment sous nos yeux. Entrecoupée d’images d’actualité, la pièce principale du logement s’anime au rythme des allées et venues des uns et des autres, de leur détresse et de leur impuissance à échanger avec raison : la passion et la haine ont malheureusement gagné le terrain … reflet des horreurs subies par le peuple palestinien, par un peuple qui veut les faire disparaître de leurs terres, dans l’indifférence internationale totale aujourd’hui.
Christèle. Photo @Vincent Hofer
Notons que, l’an dernier, à l’ouverture du festival d’Avignon, le génocide des Gazaouis, et l’indifférence internationale, avaient été dénoncés par le Festival. (NDLR)
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