Obéir ou désobéir : à la frontière de la conscience !
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FrontièreS, 21h35, durée : 1h25. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15 et 22 juillet. Réservations en ligne.
En nous invitant à réfléchir à la notion de frontière, Frédéric Barriera signe une œuvre dense et profondément humaine. À travers le destin d’un jeune garde-frontière est-allemand sommé d’abattre un adolescent de 19 ans tentant de franchir le mur de Berlin, la pièce interroge avec acuité les rapports entre obéissance, responsabilité et conscience.
Peut-on exécuter un ordre sans le remettre en question ? Où s’arrête le devoir, où commence la responsabilité morale ? Hanté par son geste, le jeune soldat choisit à son tour de franchir la frontière pour rejoindre sa sœur à l’Ouest. Celui qui défendait hier le Mur devient alors celui qui le renie, ouvrant la voie à un procès où se confrontent justice, culpabilité et libre arbitre.
À travers cette histoire singulière, FrontièreS dépasse le cadre historique pour poser des questions universelles : celui qui exécute un ordre est-il aussi coupable que celui qui le donne ? Comment une démocratie juge-t-elle des actes commis sous un régime totalitaire ? Jusqu’où peut-on invoquer l’obéissance pour se décharger de sa responsabilité ?
La mise en scène se distingue par une remarquable inventivité. Refusant toute lecture unique, elle propose plusieurs interprétations possibles des événements, laissant au spectateur la liberté de construire son propre regard. Les trois comédiens passent avec une grande maîtrise du témoignage à la reconstitution judiciaire, mêlant narration, incarnation et adresse au public avec une intensité constante.
La scénographie, particulièrement soignée, alterne les registres esthétiques – roman-photo, projections vidéo, évocations théâtrales – créant un langage scénique original et stimulant. L’univers sonore, d’une grande précision, joue lui aussi un rôle essentiel : les sons réalistes se confrontent aux images que l’imagination du spectateur est invitée à produire. Les tableaux aux couleurs vives évoquent subtilement l’esthétique des années 1960, tandis que les jeux de lumière sculptent un espace où dominent les clairs-obscurs.
Presque cinématographique dans sa construction, FrontièreS captive autant par la richesse de sa réflexion que par sa force émotionnelle. Portée par trois interprètes remarquables, cette création allie intelligence, sensibilité et inventivité, offrant un spectacle qui résonne bien au-delà de son contexte historique.
Christèle. Photo Cie Paris-Berlin
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