Guerres des adultes : et si les solutions venaient des enfants ?
Voir aussi tous nos articles sur le Festival 2026
et tous nos comptes rendus pour 2026
et notre page thématique : catharsis pour problématiques d’aujourd’hui

Porte Saint Michel, 11h, durée : 1h. Du 6 au 15 juillet seulement, relâche le 11 juillet. Réservations : 09 80 43 01 79 ou 07 69 39 87 43.
6 enfants et 3 adultes au plateau nous content de vrais récits d’enfants qui connaissent, ou plutôt subissent, des guerres. La parole de ces jeunes, âgés de 9 à 15 ans, faisant partie de la classe de théâtre d’Agnès Delcourt, est le reflet des conséquences des décisions d’adultes accablant les enfants partout dans le monde. Telles une histoire, car tous les enfants aiment les histoires, sont déroulées sous nos yeux celles de Myriam, de Joëlle, de Nour, de Lama, de Kiria… et le message est universel : si la guerre est engagée par les adultes, les enfants, eux, voient leur vie voler en éclats en étant au cœur des conflits, en perdant leurs proches, en voyant des horreurs, en perdant leur innocence, en devant subvenir seuls à leurs besoins parfois.
Sensibles à l’injustice, ils remettent en cause nos choix et nous questionnent sur nos absences de réactions. À l’image de cette classe qui veut se mobiliser avec l’institutrice, pour Lama qui illustre son quotidien à Gaza avec des vidéos, les enfants nous interpellent et nous ouvrent les yeux sur des situations auxquelles les adultes se sont habitués et qu’ils ont actées sans plus de réactions.
Ces jeunes comédiens de la compagnie La Filiade sont présents en permanence sur la scène, déplaçant les éléments du décor pour alterner scènes de récit et scènes dans la classe, avec une aisance rare pour leur âge. Les adultes venant soit en soutien, soit en spectateur de leurs révoltes ou blessures, à l’image de Florence devenue grand reporter de guerre. Mais pourquoi parler si tout le monde se désintéresse de leur histoire ?
Le décor est sobre afin de ne pas éclipser le sujet. Mais les messages sont très clairs, écoutons ce que les enfants ont à nous dire : les protéger ne veut pas dire qu’il faut les tenir à l’écart, les enfants sont naturellement généreux et profondément sensibles aux injustices, soyons tous – comme eux – des petits soldats de la paix, en commençant autour de nous par exemple. Qui sait si ces graines semées ici n’allègeront pas le poids de plus de 400 millions d’enfants dans le monde, issus de plus de 50 pays, qui vivent dans des zones de conflits ? Un enfant est blessé ou tué toutes les dix minutes dans le monde : le rappel de ce chiffre a vocation à nous réveiller. Quelques photos de Fadi Thabet sont brandies par les comédiens et rajoutent un peu plus d’émotion, tandis que d’autres sont exposées dans le théâtre.
C’est une pièce d’une rare émotion, qui ne peut laisser personne indifférent, devant le courage de tous ces enfants … courage dont les adultes manquent parfois ! Fantômes, ces enfants ne le sont pas devant nous, et pourtant, ils le sont bel et bien sur les terrains de combat.
Et si les solutions venaient des enfants ? Tâchons de les écouter un peu plus …
Christèle. @Stephane Ouzounoff
Laisser un commentaire