Le phénomène de l’emprise ou un affrontement vertigineux
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Oriflamme, 11h30, durée : 1h10. Du 4 au 25 juillet, relâche les 9, 16 et 23 juillet. Réservations : 04 88 61 17 75. À partir de 12 ans.
La scène s’ouvre sur un abri antiatomique où Marc s’est replié après une attaque nucléaire avec son amie Louise.
La survie dans cet abri souterrain s’organise, et en même temps, des soupçons commencent à naître dans la tête de Louise. Que sont devenus les survivants ? A quoi ressemble le monde 2 mètres au dessus de leur tête ? Y a-t-il vraiment eu une attaque nucléaire ?
Une domination insidieuse s’installe alors entre Marc, le propriétaire des lieux, le sauveur, et Louise, la rescapée qui doit son salut à Marc. Elle laisse place ensuite à un rapport de force assumé, d’un Marc amoureux d’une Louise apeurée, et volontairement affamée pour la soumettre à son bon vouloir.
Pendant une heure, les deux comédiens traitent sur scène avec brio de la violence faite aux femmes, du cercle vicieux du bourreau et de sa victime, un cercle qui devient de plus en plus violent, quand la violence nourrit la violence. Leur performance reflète non seulement l’emprise psychologique mais aussi et surtout l’emprise physique que la metteuse en scène Claudia Fortunato a choisi d’exprimer par la violence des corps qui s’affrontent et se défient physiquement. Leur jeu évoque avec justesse et émotion la tension, la domination, l’emprise, la manipulation, la violence … ainsi que les silences qui ont leur part dans la chorégraphie. On est pris de vertige face à cet affrontement.
Un thriller sensoriel et sulfureux, une pièce magnifique, très bien interprétée, tirée de l’œuvre de Dennis Kelly, qui traite d’un sujet central de notre société et qui nous amène à réfléchir, une fois sortis et la tension retombée … La violence entraîne-t-elle la violence ? Comment les femmes réagissent-elles face à la violence ? Comment un homme entre-t-il dans un processus de domination vis-à-vis d’un autre être humain ? Et quid de la résilience ?
Un théâtre intimiste qui met à nu les relations humaines avec une tension très forte.
Christèle. Photo Mathilde Allais
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