Quand la poésie triomphe de la guerre
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Corps saints, 14h40, 1h15. Du 4 au 25 juillet, relâche les 9, 16 et 23 juillet. Réservations au : 04 84 51 25 75
Cette pièce nous plonge avec une grande intensité au cœur des tranchées mais aussi dans l’esprit et dans les vers d’Apollinaire. Stéphane Titeca mêle avec une grand habilité les vers d’Apollinaire à son propre texte, son écriture est si belle et fine que l’on a parfois du mal à distinguer ce qui est appartient à l’une ou à l’autre plume.
Au début, Apollinaire attend l’attaque, il se remémore ses souvenirs, il réaffirme son amour pour la France dont il vient enfin d’obtenir la nationalité, il évoque les souffrances provoquées par cette guerre d’usure, les angoisses qu’elle provoque mais aussi son absurdité. Puis tout bascule, des explosions éclatent, la violence de la guerre nous atteint et frappe Apollinaire qui est blessé au front. Ce dernier semble alors entrer dans une sorte de délire qui fait remonter en lui tous ses souvenirs : ceux de ses amis artistes, Picasso, Braque, Max Jacob, mais aussi ceux de ses amours et les figures féminines semblent alors se superposer l’une à l’autre, Lou, Madeleine. On entend d’ailleurs l’une de ses femmes lui parler et le soutenir dans sa divagation, rêve ou voix de l’infirmière qui prend soin de lui ?
Pierre Jouvencel incarne avec force et intensité Guillaume Apollinaire, sa prestation est magistrale, il est véritablement le poète, dans un jeu fin et précis. La mise en scène épurée laisse toute sa place au comédien, mais aussi aux mots. Le décor est lui aussi épuré mais nous permet de nous représenter véritablement une tranchée.
Une pièce magnifique qui donne à entendre les vers d’Apollinaire tout en nous plongeant au cœur de son esprit. Une œuvre qui célèbre tout autant les mots que la puissance de l’amour. Une belle réflexion sur ce qu’est l’humanité, portée par un comédien habité. Une pièce à voir absolument.
Sandrine. Photo Philippe Hanula
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