Faire vivre, faire entendre la voix des réfugiés
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Le 11. Avignon, 15h45, durée : 1h00. Du 4 au 23 juillet, relâche les 10 et 17 juillet. Réservations : https://11avignon.mapado.com
Donner à entendre les voix des réfugiés, leur faire raconter leur exil – pourquoi, comment ? -, les écouter parler des joies mais aussi des difficultés de vivre en France, voilà l’objectif de cette pièce adaptée du livre de Wejdan Nassif. Wejdan Nassif est une autrice syrienne qui parle d’elle, de son parcours, mais qui offre aussi la parole à ses voisins du quartier de Borny, à Metz où elle vit. Toute la troupe Pardès Rimonin a rencontré ces voix vives, témoins et autrice, pour construire le spectacle ; il en ressort une parole vraie, forte et remplie d’humanité.
Wejdan est incarnée avec une grande justesse par Amandine Truffy. Cette dernière, par sa voix posée, fait vibrer, et partager, avec intensité, toute la difficulté de l’exil, les souffrances et les tortures subies, qui expliquent le départ, l’espoir d’une nouvelle vie, mais aussi la difficulté à trouver une place dans ce nouveau pays, sans renoncer complètement à ses origines, sans avoir l’impression de se trahir soi-même. Les enregistrements diffusés de ces personnes dont on conte le destin donnent encore plus de force et d’authenticité à la pièce. On ne se contente pas de parler d’eux, on leur donne la parole.
La scénographie est très originale et efficiente : sur un grand carré de papier kraft sont disposés des objets – grandes barres d’immeubles, arbres, figurines représentant les personnages -… Des objets rien moins que figuratifs, mais émouvants de poésie et chargés d’une symbolique bouleversante. Tout au long de la pièce, la géographie s’impose aussi : des cartes des pays sont déployées, des lignes sont tracées, celles des routes de l’exil, mais aussi celles des liens qui se tissent entre les peuples.
Une pièce forte et nécessaire, avec une scénographie d’une grande qualité pour parler en toute humanité du sujet si délicat de l’exil.
Sandrine. Photo Guillaume Lenel
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