En 1941, Picasso pour sauver ses oeuvres
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FESTIVAL 2019. Chêne noir, 16h45, 1h15. Relâche les 8, 15 et 22 juillet

En 1941, dans un Paris occupé, attend un homme seul, dans un lieu rempli de caisses de tableaux. Cet homme, c’est Picasso, immédiatement reconnaissable car magnifiquement incarné par Jean-Pierre Bouvier. Il est très vite rejoint par Melle Fischer, attachée culturelle allemande qui commence un interrogatoire cassant et autoritaire. Elle lui demande d’authentifier trois de ses œuvres que les nazis ont volées à des propriétaires juifs.
Au début, Picasso, se prête au jeu et raconte même de manière précise où et quand il a composé ces œuvres : cela semble flatter son ego. Puis lorsqu’il comprend pourquoi elles doivent être authentifiées – faire un autodafé d’art « dégénéré » comme l’appelaient les nazis -, il va se battre pour sauver ses œuvres. Nous assisterons alors à un duel entre deux passionnés qui useront de tous les moyens, jusqu’aux plus inattendus, pour arriver à leurs fins. La pièce de Jeffrey Hatcher, très bien construite, ménage de la tension et du suspense tout en défendant une vision de l’art. La mise en scène de Anne Bouvier est dynamique et met en valeur ce duel, ce combat presque animal entre ces deux personnages.
Jean-Pierre Bouvier joue avec un immense talent ce Picasso, imbu de lui-même, sûr de son génie, méprisant ses collègues peintres, machiste et en même temps séducteur avec les femmes. Sylvie Roux n’a rien à lui envier car elle aussi a beaucoup de présence sur scène et affronte avec passion cet artiste qu’elle admire en fait depuis son enfance. Au début aucun d’eux ne trouve grâce à nos yeux, mais ils finissent par nous toucher tous les deux.
Un grand moment de théâtre, puissant et fort.
Sandrine. Photo Mickaël Adelo
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