Dénoncer les souffrances du monde paysan aujourd’hui
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La Factory théâtre de l’Oulle, 10h00, 1h15. Du 4 au 25 juillet, pas de relâche. Réservations uniquement en ligne : https://www.la-factory.org/tout-contre-la-terre/

Cette pièce est adaptée du livre Tu m’as laissé en vie de Camille Beaurain et Antoine Jeanday. Camille raconte à Antoine, un journaliste, pourquoi son mari agriculteur s’est suicidé. Elle explique pourquoi cet homme passionné par son métier et éperdument amoureux d’elle a pu en arriver là. Elle évoque leur rencontre improbable et l’opposition de sa famille à ce qu’elle aille vivre avec lui. Elle met en lumière à la fois la passion qui les lie et celle d’Augustin pour son métier, ses bêtes, sa terre. Mais elle raconte aussi les difficultés d’être d’agriculteur, le travail quotidien à la ferme, qui ne laisse pas de place au repos et aux loisirs, les accidents sanitaires, la course à la modernisation qui conduit aux dettes, l’enfer administratif… et enfin le suicide si douloureux d’Augustin.
La grande qualité de cette pièce écrite par Rémi Couturier est de nous faire réfléchir à des sujets sensibles et actuels, mais sans discours politique ou moralisateur, en nous montrant simplement le quotidien d’un couple, nous faisant partager tant leurs joies que leurs souffrances. La dénonciation de certaines institutions est présente, mais sait se faire en toute subtilité.
La scénographie est originale et parlante avec ces balles de foin qui sont déplacées pour créer les différents lieux et espaces. La mise en scène permet de créer aussi bien de belles images poétiques de ce couple, que des images satiriques ; celles qui montrent le côté ubuesque de l’administration sont particulièrement réussies.
Les comédiens sont très justes dans leur interprétation. Ils nous permettent de partager toutes leurs émotions, nous faisant passer des étoiles dans les yeux au rire puis aux larmes.
Un bel hommage rendu aux hommes et aux femmes qui font l’agriculture. Un appel à la conscience de chacun pour empêcher que ce métier qu’ils aiment tant et qui nous est si nécessaire ne les broie.
Sandrine. Photo Alexandre Foulon
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