Une soirée XIXe siècle, instrumentale et vocale, au festival d’Aix-en-Provence

Mardi 7 juillet 2026, Festival d’Aix-en-Provence au Grand Théâtre de Provence
Baryton, Stéphane Degout. Orchestre, Pygmalion. Direction musicale, Raphaël Pichon
Franz Schubert, « Der Doppelgänger » (Le Double), Symphonie n°8 « Inachevée », Gruppe aus dem Tartarus (Le Groupe surgi du Tartare), Nacht und Träume (Nuit et Rêves). Richard Wagner, Siegfried-Idyll. Johannes Brahms, Symphonie n°1
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Entre deux représentations de Requiem, spectacle donné au Théâtre de l’Archevêché et mis en scène par Romeo Castellucci d’après le Requiem de Mozart (voir notre compte rendu), le chef Raphaël Pichon et son orchestre Pygmalion proposent un concert au Grand Théâtre de Provence. Celui-ci est composé d’abord d’une partie chantée, puis, après l’entracte, de la première symphonie de Johannes Brahms. Le répertoire abordé est ce soir significativement postérieur à Mozart, et plonge au cœur du romantisme allemand, jusqu’à Brahms donc, ainsi que Richard Wagner.
Grand fidèle du Festival en ayant participé à la première édition de son Académie en 1998, le baryton français Stéphane Degout intervient en première partie, pour toutes les séquences chantées. Toutes les pièces, même des différents compositeurs Schubert et Wagner, sont données dans l’enchaînement et semblent former un tout, sans applaudissements intempestifs du public. Le chanteur entame « Der Doppelgänger » de Franz Schubert, sur le ton de la confidence, puis va crescendo jusqu’à des aigus impressionnants projetés à pleine puissance, avant de s’asseoir, l’air concentré, pendant la partie uniquement instrumentale qui suit.

La courte Symphonie n°8, inachevée, met fort bien en valeur la formation historiquement informée, le son davantage rond et les cuivres moins métalliques que ceux d’une formation moderne. Le relief musical et les nuances sont cependant bien dessinés, certaines attaques mordantes et les crescendi puissants. Les deux autres extraits de Schubert ont un caractère bien différent, un « Gruppe aus dem Tartarus » haletant presque comme une course, puis « Nacht und Träume » qui dégage de la majesté, une couleur qu’on peut associer au répertoire romantique germanique. Siegfried-Idyll de Richard Wagner, a ensuite clairement une couleur baroque, qui sait montrer de l’ampleur par moments, les cors naturels étant toutefois par instants à la limite pour ce qui concerne la justesse d’intonation.
Après l’entracte, la Symphonie n°1 de Johannes Brahms, propose un contour davantage dramatique, dès les coups de timbales du début. Les pupitres de cordes forment un bel ensemble et les bois sont expressifs, même si le hautbois solo rencontre de petits temps faibles au cours du deuxième mouvement, tandis que la clarinette se montre plus solide. Le quatrième et dernier mouvement fait clairement référence au dernier mouvement d’une autre symphonie très connue, la 9ème de Beethoven, Brahms citant clairement le thème de l’Ode à la joie.
I.F. & F.J. © Vincent Beaume
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