Les mots – superbes – de Yourcenar, mais sans l’émotion attendue
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Théâtre du Girasole, 11h55, 1h15. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15 et 22 juillet. Réservations au 04 90 82 74 42
Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar sont magnifiques. On y suit la fin de vie d’Hadrien qui au crépuscule de sa vie écrit une longue lettre à son fils adoptif pour tracer son bilan, et lui donner des conseils. L’empereur y parle tant de ses gloires militaires que de son amour pour Antinoüs, du plaisir qu’il trouve dans les arts, mais aussi des faiblesses de son corps qui l’abandonne. Adapter ce texte au théâtre n’a donc rien d’évident, et le résultats nous a quelque peu déçue. Les mots de Yourcenar sont bien présents, les pensées sont denses, et on apprécie toujours de les entendre. Toutefois nous regrettons la grande lenteur tant dans la diction que dans la pièce elle-même. C’est sans doute un choix de mise en scène, de montrer cet empereur accablé par le poids de son âge, fatigué et sachant que la mort est proche, mais c’est une barrière à l’émotion, émotion à laquelle nous nous étions pourtant préparée.
Le décor nous plonge dans cet univers romain : une couronne de laurier, un bassin en chapiteau de colonne, des morceaux d’armure, une toge, quelques feuilles dorées au sol.
Jean-Claude Bordès est pourtant talentueux, il incarne Hadrien au meilleur sens du terme, il se glisse dans la peau de ce vieillard proche de la mort, il nous fait éprouver physiquement le poids des ans. Mais tout est trop uniforme dans le jeu, la parole.
Si nous avons goûté au théâtre le plaisir des mots superbes de Yourcenar, nous nous replongeons dès la sortie dans le roman pour y retrouver la véritable émotion.
Sandrine. Photo Alejandro Guerrero
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