Les anonymes du cinéma… au théâtre
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La Scala Provence, 19h, 1h20. Du 4 au 24 juillet, relâche les 6, 13 et 20 juillet. Réservations : 04 65 00 00 90.
C’était l’une des créations attendues de ce Off 2026. Une double première : premier texte écrit pour le théâtre par la romancière Delphine de Vigan ; première mise en scène de théâtre pour la réalisatrice de cinéma Valérie Donzelli. L’idée : mettre en lumière les figurants, ces hommes et ces femmes de l’ombre, que l’on aperçoit à peine au détour d’un plan, sur grand écran. Donner à voir les invisibles, les Monsieur et Madame tout-le-monde, corvéables à merci, qui prêtent leur silhouette aux caprices d’un réalisateur et aux exigences d’un tournage. Et le rideau s’ouvre sur… un miroir. C’est nous, les spectateurs, qui contemplons notre image sur scène. Effet vertigineux assuré. Serions-nous devenus sans y prendre garde les figurants de ce spectacle ? Puis apparaissent les figurants, qui ici sortent de l’ombre, et de l’anonymat, incarnés à la scène par de vrais acteurs. Ils se confient, s’interrogent sur leur raison d’être là, se révoltent parfois. Le super-assistant est débordé, la chargée de figuration au bord du burn-out, et la grande actrice reste invisible. L’idée de renverser l’ordre des choses a beau être séduisante, la scénographie a beau être bien ficelée, on n’accroche pas au propos. Et l’on est gêné par une certaine condescendance sous-jacente envers ces « prolos du cinéma » qui rêvent de prendre un peu la lumière sans y accéder, de se révolter sans renverser la table ni prendre de revanche sur une vie ratée, un propos assez triste finalement.
Carina. Photo Lisa Lesourd
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