Ou comment jouer et chanter juste, dans l’esprit de Puccini…
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La Nouvelle Etincelle, 18h10 du 4 au 25 juillet, durée 1h20, relâche les mercredis, Tel 04 90 85 43 91 et aussi par Internet ; Théâtre musical (à partir de 8 ans).
Vous connaissez l’opéra La Bohème de Puccini ? Vous y retrouverez quelques-uns des beaux airs.
Vous ne le connaissez pas, pas même pScène de la vie de Bohème, le roman d’Henri Murger ? Alors, voici une excellente proposition pour les découvrir, grâce à Olivier Desbordes, Mari Laurila-Lili et la compagnie de l’Opéra Eclaté.
Nous y retrouvons l’argument de l’opéra puccinien : une bande de copains, heureux de découvrir la liberté de devenir adulte, et de pouvoir enfin vivre de leur art : la peinture, la poésie ou la philosophie. Pourtant, nous le savons tous, que ce soit au milieu du XIXe siècle ou en 2026, ce choix de vie n’est pas le plus simple. En effet, si des personnages expriment une certaine fatuité, déjà sûrs d’être reconnus, pour ne pas dire « bankables » ; la réalité est tout autre. Et ces héros aux pieds d’argile manquent d’argent, de confort, de nourriture : hier la Soupe populaire, aujourd’hui les Restos du Cœur. Sans parler des maladies qui rôdent…
Olivier Desbordes, le concepteur du spectacle et metteur en scène, a eu la bonne idée de choisir une distribution dans la tranche d’âge des personnages : la vingtaine. Cela accentue la crédibilité de l’action. Sur le plateau, le décor est réduit à sa plus simple expression, comme chez un étudiant condamné à se meubler de bric et de broc. En lieu et place de récitatif, chaque interprète parle brièvement de son vécu personnel. La théâtralité et la sincérité en sont positivement augmentées.
Les amateurs de musique et de voix auront la bonne surprise écouter de réels musiciens sur scène. Certes, ce n’est pas un orchestre philharmonique. Mais, grâce à la transcription de Mari Laurila-Lili, Maélise Parisot et Louis Ouvrard interprètent avec brio leur partition. Une des originalités de ce spectacle tient dans le choix qu’elle a fait d’intégrer un accordéon. Il donne un côté du Paris nostalgique et hors du temps, propre à l’œuvre et à son adaptation. La redécouverte de cet instrument très « tendance » aujourd’hui et de ses nombreuses capacités est la bienvenue. Éric Allard-Jacquin le met particulièrement en valeur.
Autre excellente surprise, la qualité des solistes vocaux. Certes, Olivier Desbordes est rompu à cet exercice, et en l’occurrence, il a sélectionné des jeunes gens très prometteurs. Charlotte Ruby (dans le rôle de Musette), Nicolas Hezelot (Marcel), Simon Catrice (Shaunard) et Justin Dominicone (Colline) sont surprenants, tant ils arrivent à allier la théâtralité à la qualité vocale. Et, j’ai été particulièrement été ému par Pauline Jolly (Mimi) et Ulysse Mbenzu (Rodolphe) qui ont réussi à m’arracher une larme dans le « Sono andati » !
Je recommande donc chaleureusement La vie de Bohème !
Norbert. Photo Opéra Eclaté
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