Bonne humeur garantie avec La Grande-duchesse de Gérolstein !

Samedi 23 mai 2026, théâtre de l’Odéon, Marseille
La Grande-duchesse de Gérolstein, opéra bouffe en trois actes de Jacques Offenbach
Florent Mayet, Direction musicale. Yves Coudray, Mise en scène
Laurence Janot, La Grande-duchesse. Julia Knecht, Wanda. Florian Laconi, Fritz. Olivier Grand, Général Boum. Éric Vignau, Prince Paul. Dominique Desmons, Baron Puck. Jean Goltier, Baron Grog. Antoine Bonelli, Nepomuc
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille
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Au démarrage de cette Grande-duchesse de Gérolstein au Théâtre de l’Odéon, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour la soprano britannique Felicity Lott (voir le témoignage de Patrick Canac, président-fondateur des Musicales du Luberon, et notre entretien avec Felicity Lott en 2016), disparue la semaine précédente. Dans la foulée de sa Belle Hélène, Dame Felicity avait aussi été une fameuse Grande-duchesse dans les années 2000 au théâtre du Châtelet à Paris, et son charme, ainsi que sa classe so British !, nous confirmaient alors qu’Offenbach n’est pas qu’un amuseur public, mais sait aussi émouvoir et nous faire réfléchir.

L’opéra raconte les caprices sentimentaux d’une souveraine qui s’éprend d’un simple soldat, Fritz, auquel elle fait rapidement gravir les échelons militaires. Mais le jeune homme aime Wanda, ce qui entraîne jalousies, quiproquos et rivalités.
La reprise de la mise en scène d’Yves Coudray, créée ici-même en 2024, vise tout de même essentiellement au divertissement… et l’on ne s’en plaint pas ! Les décors sont efficaces, avec quelques éléments qui caractérisent au mieux les tableaux et actes : une tente et une carte du Grand-duché déployée en fond de scène pour le premier acte et la fin du III, tandis que c’est le plan du château de la Grande-duchesse qui prend place au fond pour le deuxième acte. Les costumes sont aussi bien en situation, habits militaires pour les hommes et riches robes pour les dames de compagnie de la Grande-duchesse.

Déjà titulaire en 2024, Laurence Janot tient son rôle de Grande-duchesse avec charme et drôlerie. Le chant est toutefois moins homogène, certaines notes bien appuyées et tenues ne compensant pas une expression souvent confidentielle et qui nécessite cet après-midi d’un soutien par micros interposés. Julia Knecht est plus épanouie vocalement en Wanda, avec un timbre clair et incisif, même si la séduction vocale reste plus discrète. Dans le rôle de Fritz, Florian Laconi est sans conteste le meilleur élément du plateau vocal, ténor très généreux dans l’aigu et au registre grave également correctement exprimé. Le vibrato est maîtrisé et la diction particulièrement appliquée. Le vibrato est en revanche un peu hors de contrôle chez le Général Boum d’Olivier Grand, ainsi que les notes aiguës, mais le personnage est truculent en scène. Davantage ténor de caractère, Éric Vignau assure bien en Prince Paul, en articulant le texte. Avec le Baron Grog de Jean Goltier, la distribution est complétée par quelques figures habituelles de l’Odéon, qui déclenchent souvent le rire du public à leur simple entrée en scène, comme Dominique Desmons en Baron Puck et Antoine Bonelli en Nepomuc.
Avec un nombre limité de musiciens dans la petite fosse, Florent Mayet restitue convenablement la partition offenbachienne, ceci étant également vrai pour les enthousiastes choristes sur le plateau.
I.F. & F.J. © Camille Rovera
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