La pièce de Hugo dans toute sa force mais pourquoi la « moderniser » ?
Voir aussi tous nos articles sur le Festival 2026
et tous nos comptes rendus pour 2026

La Luna, 20h45, durée : 1h15. Du 4 au 25 juillet, relâche les 9, 16 et 23 juillet. Réservations au 04 12 29 01 24
S’attaquer à ce monument du théâtre n’est pas des plus faciles. Les spectateurs, lorsqu’ils vont voir Hernani, ont des attentes, celles de retrouver le grand drame hugolien par excellence. La verve de Hugo, la beauté de ses vers et le jeu des comédiens ont été à la hauteur de nos attentes. Un regret néanmoins : pourquoi ajouter du modernisme ? Les mots de Hugo se suffisent à eux-mêmes pour résonner comme très modernes, inutile de se servir d’accessoires tels que pistolet, talkies-walkies et autres interphones. Tout aurait pu être parfait car la qualité de jeu est vraiment excellente et la scénographie riche et belle. Les décors et les costumes sont très esthétiques et ne sont pas ancrés dans une époque, ils permettent de renforcer l’universalité du texte de Hugo.
Hernani est un jeune noble qui s’est fait bandit, il aime Doña Sol mais il n’est pas le seul : le duc Ruy Gomez de Silva, l’oncle de Doña Sol, aussi prétend à l’amour de la dame et veut l’épouser, tout comme le roi, également fou amoureux d’elle. Les passions s’affrontent, les sentiments sont exacerbés, les valeurs d’honneur et d’amour s’opposent, la jalousie est à l’œuvre et tout finira de manière tragique. Tout cela est parfaitement rendu par le jeu si juste des comédiens. Ils sont cinq et ils disent avec précision et musicalité les alexandrins si exigeants. Ils restituent parfaitement tant l’intensité dramatique que le conflit des passions, les secrets et les stratégies cachées.
Une très belle adaptation du drame hugolien qui sait en montrer toute la résonance avec notre époque actuelle, un jeu subtil et fin qui nous fait ressentir les émotions avec force, mais glisser des accessoires actuels pour faire « modernes » vient desservir la grande qualité de l’ensemble. La compagnie a du talent, son répertoire est excellent : voilà les clefs du succès.
Sandrine. Photo Jacques Jarmasson
Laisser un commentaire