
En amont de l’ouverture de la saison 2026-2027 de Musique Baroque en Avignon – concert du 4 octobre 2026 -, et dans le cadre de la Semaine italienne d’Avignon-la Bella Italia, MBA propose un entretien avec l’artiste italienne.
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-Bonjour, Zoreslava Vynnyk, et merci de nous accorder cet entretien. Pour commencer, pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours de chanteuse ? Qu’est-ce qui vous a amenée vers le chant lyrique et qu’aimez-vous particulièrement dans ce répertoire ?
–J’ai commencé à chanter très naturellement, car la musique a toujours été présente dans ma famille. J’ai commencé à étudier le chant vers 15-16 ans, en Ukraine, puis j’ai progressivement découvert le chant lyrique. Après mon arrivée en Italie, je me suis spécialisée dans le répertoire Renaissance et baroque au Conservatoire de Trente, avant de poursuivre ma formation à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia avec Sara Mingardo, qui est devenue ma professeure. Le répertoire baroque correspond particulièrement bien à ma voix de contralto. J’aime aussi la liberté de l’ornementation, qui permet à l’interprète de rendre chaque aria personnelle et vivante.
-Votre voix de contralto est une voix plutôt rare. Comment avez-vous découvert cette particularité vocale et comment a-t-elle influencé votre parcours artistique ?
–La nature grave de ma voix était présente dès mon enfance. Ma première professeure, Natalija Ivankiv, a été la première à identifier ma voix comme celle d’un contralto. Même si certains ont ensuite voulu me classer comme mezzo-soprano, j’ai toujours senti que ma tessiture naturelle était plus grave. La découverte de chanteuses comme Cecilia Bartoli et Sara Mingardo m’a également beaucoup influencée. Le répertoire baroque m’a permis de développer ma voix et d’explorer ses différentes couleurs. Cette voix rare est devenue une véritable identité artistique, même si elle m’a aussi appris qu’une voix se construit avec du temps, de la discipline et de l’écoute.
–Le 4 octobre, vous serez à Avignon pour un concert avec Simone Gullì. Que ressentez-vous à l’idée de venir chanter à Avignon et en France ? Comment est née votre collaboration avec Simone Gullì ?
–Ce sera mon premier concert en France et ma première visite à Avignon. Je ressens donc beaucoup de joie et de curiosité, mais aussi une certaine responsabilité. J’ai rencontré Simone Gullì en 2025, lors des cours d’été de l’Accademia Musicale Chigiana, et nous avons ensuite travaillé ensemble sur ce programme consacré à Haendel. J’apprécie particulièrement son professionnalisme, sa solidité musicale et son calme, qui créent un bel équilibre avec mon tempérament plus énergique.
–Pendant ce concert, qu’aimeriez-vous que le public emporte avec lui après avoir entendu votre musique ?
–Je ne voudrais pas imposer une émotion précise au public, car chacun vit la musique de manière personnelle. J’aimerais surtout que les spectateurs puissent se reconnaître dans les personnages et les émotions racontés par la musique de Haendel. Je souhaite aussi montrer que la musique baroque n’est pas seulement un patrimoine historique : derrière les ornements et la virtuosité, elle exprime des émotions humaines toujours actuelles. Si quelqu’un repart avec une émotion ou simplement l’envie de découvrir davantage Haendel, ce serait pour moi une très belle réussite.
(Propos recueillis par MBA, site officiel)
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