Un Cyrano revisité et « clivant »
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Lucioles, 13h50, durée : 1h50. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15 et 22 juillet. Réservations au 04 90 14 05 51
Pourrait-on imaginer un Festival d’Avignon sans au moins une version de Cyrano ? Nous en voyons une chaque année (voir nos comptes rendu antérieurs)…
Quand on aime autant le texte de Rostand, il est souvent difficile d’accepter qu’on le transforme. L’entrée dans cette nouvelle mise en scène a donc été compliquée pour nous, on ne le cache pas : pourquoi commencer dans un cabaret ? Quel bonus pour le texte de Rostand ? Nous n’avons pas compris, encore moins apprécié. Le côté burlesque du début, s’il peut avoir un intérêt pour Montfleury n’en a pas ensuite. Fort heureusement, ce ton ne sera pas celui qui restera tout du long, on retrouvera ensuite plus de tension dramatique, comme on s’y attend, avec aussi quelques moments plus légers. La fin est en particulier magnifique, forte et puissante avec tout le panache attendu. Une fin qui réussit à nous tirer des larmes tellement elle est bien jouée.
Les comédiens sont six pour incarner tous les personnages si nombreux de Rostand ; une simplification bienvenue. Cyrano est magnifiquement incarné par Anthony Magnier, qui ne joue que ce rôle, mais quel rôle ! Tous les autres passent d’un personnage à l’autre avec une grande justesse et beaucoup de virtuosité. Il est surprenant de voir De Guiche joué par une comédienne, mais sa voix si suave et la magie du théâtre nous font adhérer à ce choix.
L’accompagnement musical sur scène avec une musique rock, avec des sons électroniques est inattendue ; si parfois elle détonne, parfois au contraire elle se marie parfaitement à l’histoire, et, associée aux lumières, elle crée des univers saisissants, dont celui de la bataille d’Arras, particulièrement marquant et réussi.
Les puristes de Cyrano auront du mal à entrer dans la pièce mais sauront en goûter certains aspects, ceux qui aiment la modernité seront séduits. Le texte de Rostand est tellement beau qu’il y a toujours plaisir à l’entendre surtout qu’il est si bien dit.
Sandrine. Photo Yanis Pointecouteau
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