Le roman de Victor Hugo transposé en… 2093 : inégalement convaincant
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Théâtre de l’Adresse, 17h55, 1h15. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15 et 22 juillet. Réservations au 04 65 81 17 85
Transposer le célèbre roman de Victor Hugo en 2093 pour montrer toute sa modernité, pourquoi pas ? Toutes les idées évoquées par Hugo dans son roman sont d’une terrible actualité : les combats sont toujours présents, tout comme les idéologies qui s’opposent, et le débat de savoir si on fait passer ses idées avant les liens humains aussi. Toutefois, les termes même employés et les oppositions sont très liées à la Révolution française, et l’on a parfois du mal à reconnaître et à comprendre les analogies avec notre époque.
Si l’on accepte d’entrer avec eux dans cette dystopie, on est touché par le jeu intense des différents comédiens. Ils défendent tous avec force leur conviction. Charlotte Osrini en Gauvain est particulièrement touchante car elle est profondément humaine et refuse cette terreur que veut imposer son parti. Alexis Tran est un Lantenac qui nous touche aussi, car il préserve avant tout la vie et n’est pas prêt à sacrifier un enfant à ses idées.
Les costumes et les accessoires sont futuristes et nous aident à entrer dans cette dystopie. Ils ont un petit côté super-héros qui ne déplaît pas. Les mentions des armes modernes nous font nous projeter dans cet univers.
Les mots de Victor Hugo sont beaux, ciselés et fins, comme il sait le faire.
Une pièce déstabilisante car on aime entendre les mots de Victor Hugo, cette langue si belle et ses réflexions si intenses sur la nécessité du combat pour faire advenir un monde plus juste et plus humain ; on aime aussi l’implication et le jeu intense des comédiens. Toutefois, il nous semble que ce texte, même s’il est porteur d’idées modernes et hélas encore d’actualité est, par certains aspects, trop ancré dans la Révolution française pour s’accorder parfaitement avec le monde dystopique dans lequel la compagnie a décidé de le placer.
Sandrine. Photo Hugo Muniglia
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