Un procès, une pièce plus vraie que nature et un combat fratricide sur la voie de la vérité

Du 11 au 22 juillet (relâches les 13 et 18) à 18 heures, les 15 et 20 juillet à 22 heures, au gymnase du lycée Aubanel. Durée : 2h15. En portugais surtitré en français.
Distribution. Avec Julia Bernat, Danilo Grangheia, Wagner Moura. Dans le film Jonas Bloch, Marjorie Estiano, Salvador Moura. Participation en ligne Tatiana Henrique. Enfants dans le film Antônio Falcão, José Moura, Henry Soares Paes Leme. Acteurs invités lors de différentes représentations Viviane Pavillon, Matthieu Sampeur. Un projet de Christiane Jatahy et Wagner Moura. Conception et mise en scène Christiane Jatahy. Texte Christiane Jatahy, Wagner Moura, Lucas Paraizo
Un procès : combat fratricide entre deux vérités
Scénographie, éclairage et collaboration artistique Thomas Walgrave. Vidéo Julio Parente. Costumes Marina Franco. Direction de la photographie et caméra Paulo Camacho. Conception sonore et mixage Pedro Vituri. Coordination de Production et diffusion Henrique Mariano. Administration Lison Bellanger, Charlotte Pesle Beal (EPOC productions). Traduction française pour le surtitrage Claudia Petagna, Thomas Walgrave. Traduction anglaise pour le surtitrage Thomas Walgrave
Production Axis Productions. Coproduction Festival international d’Édimbourg (Écosse), Festival d’Avignon (France), Holland Festival (Amsterdam, Pays-Bas), Centro Cultural de Belém (Lisbonne, Portugal), DeSingel (Anvers, Belgique)
Avec le soutien du Centre pour l’art de la performance de l’UCLA (Los Angeles-USA) et de l’Instituto Guimarães Rosa – IGR – Ministerio das relações Exteriores (Brasilia-Brésil) et pour le 80e Festival d’Avignon : Camões – Centre culturel portugais à Paris
La Cie Vertice – Axis Produtions est soutenue par la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France et le Ministère de la Culture France
Une collaboration exceptionnelle entre le Holland Festival, le Festival international d’Édimbourg et le Festival d’Avignon, trois festivals européens fondés en 1947.
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Cent cinquante ans après, Christiane Jatahy, figure théâtrale et cinématographique, et l’acteur de renom Wagner Moura (nominé aux Golden Globes pour son rôle de Pablo Escobar dans la série Narcos), signent une suite brillantissime à la pièce Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen, avec le concours du scénariste Lucas Paraizo. Elle a été présentée pour la première fois en France au Festival d’Avignon. Une première pour Wagner Moura et un grand retour à Avignon pour Christiane Jatahy, après huit ans d’absence (sa première création pour le Festival d’Avignon était Le Présent qui déborde – Notre Odyssée II en 2018).

Si la recherche de la vérité, l’écoute et le dialogue sont au cœur de leur pièce, Un procès est traversé par bien d’autres thématiques fortes et actuelles, dans un texte fort bien écrit et construit, qui donnent matière à réflexion. Il y est question d’intérêts divergents entre l’économie d’une part, l’environnement et la santé d’autre part, de justice sociale, de la vie en communauté et de nos relations avec les autres. De la famille et des conflits fratricides. De la mince démarcation entre la dictature et la démocratie.

C’est un tableau cinglant de l’humanité en général qui se dessine sous nos yeux. Dans une mise en scène hyperréaliste, on entre au théâtre comme dans une salle de tribunal. Sur le plateau, deux tables se font face. Celles des deux partis adverses : Thomas Stockmann (« l’ennemi du peuple » qui clame son droit à la défense) et sa fille côté cour, face à son frère Peter Stockmann, représentant la communauté, côté jardin. Au fond, entre les deux, le jury populaire. Onze jurés tirés au sort parmi les spectateurs. Ce sont eux qui vont devoir voter à la fin pour décider de la culpabilité ou de l’innocence de Thomas Stockmann. Au-dessus d’eux, un grand écran permet de voir les preuves projetées en images. Documentaires et œuvres de fiction alternent pour étayer les propos des uns et des autres. S’y glissent aussi parfois des images filmées en direct sur scène, dans ce tribunal théâtral populaire. Les comédiens sont hyper convaincants et engagés (jusqu’à ce combat à mains nues entre les deux frères) et le public est littéralement transporté dans l’histoire de ce village où les eaux ont été contaminées… Une vérité qui a été dissimulée à la population au nom d’intérêts supérieurs… Fallait-il la lui révéler ? Devait-il se battre contre la volonté de tous de ne pas voir et de ne pas savoir ? Par ses propos virulents et insultants et son attitude ne va-t-il pas trop loin ? Ne devient-il pas finalement l’ennemi du peuple lui qui voulait tous les sauver ? Au public (très vite acquis à sa cause) de trancher. Un spectacle palpitant sans temps mort, qui tient le public captif en haleine jusqu’à la dernière seconde (certains spectateurs plus téméraires que les autres se verraient bien argumenter). Ce genre de spectacle hyper intelligent qui aide à décrypter le monde dans lequel on vit à travers le regard affûté et poétique de l’artiste. Le résultat est édifiant.
MF.A. Photos FDA, Christophe Raynaud de Lage

Bénéficiant de nombreux partenariats européens, la pièce est amenée à tourner en Grèce, Espagne, Ecosse, immédiatement après le festival d’Avignon (fin juillet-jusqu’au 10 août 2026). Souhaitons qu’elle poursuive ailleurs…
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