Dimanche 2 mars 2025, 14h30, Opéra, Marseille (site officiel)
Orfeo. Claudio MONTEVERDI. Opéra en 5 actes. Livret d’Alessandro STRIGGIO
Première représentation à Mantoue, à l’Accademia degl’Invaghiti, le 24 février 1607
Création à l’Opéra de Marseille
Co-production Concerto Soave / Opéra de Marseille
Concerto Soave : 16 instrumentistes
Direction, Jean-Marc AYMES. Mise en espace, Jimmy BOURY. Orfeo, Romain BOCKLER. Messaggiera, Maria Chiara GALLO (mezzo-soprano) en remplacement de María Cristina Kiehr souffrante. Euridice, Louise THOMAS. Proserpina, Julie VERCAUTEREN. Plutone, Alexandre BALDO. Caronte, Jean-Manuel CANDENOT. Apollo, Imanol IRAOLA. Musica, Lise VIRICEL. Ninfa, Gabrielle VARBETIAN. Speranza, Logan LOPEZ GONZALES. Pastore / Spirito, Davy CORNILLOT – Olivier COIFFET – Samuel NAMOTTE. Pastore, Estelle DEFALQUE
Chœur de l’Opéra de Marseille
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Si l’Orfeo de Monteverdi n’est pas le tout premier opéra de la musique occidentale (d’autres l’ont devancé de quelques années), la première représentation publique à Mantoue en 1607 est une date fondatrice dans l’histoire du théâtre lyrique, comme le seront les créations de Don Giovanni, Tristan et Isolde, Boris Godounov, Pelléas et Mélisande et Wozzeck.
Concerto Soave sera placé sous la direction du brillant claveciniste Jean-Marc Aymes, infatigable animateur du festival Mars en Baroque à Marseille, et dans le cadre de ce Festival 2025. Romain Bockler artiste associé à Concerto Soave, tiendra le rôle-titre tandis que Maria Chiara Gallo incarnera la Messaggiera dans ce chef-d’œuvre qui accomplit la synthèse géniale entre les genres musicaux de l’époque, met la musique et le théâtre à égalité et place les sons au service de l’action et des sentiments.
(Opéra de Marseille)
Nous avons déjà entendu Romain Bockler dans la « musique au temps des papes », dans le lieu même où elle a été créée, dans le Grand Tinel du Palais des Papes à Avignon. Puis en 2016 dans un « opéra de poche » de Peter Eötvös, Senza sangue, pour lequel il nous avait accordé un entretien. Et Jean-Marc Aymes a déjà été accueilli par Musique Baroque en Avignon au clavecin seul en 2017, et avec Florence Magloire et Cécile Vérolles en 2021. Nous l’avons également entendu dans le cadre Mars en Baroque en 2022, puis aux Musicales du Luberon avec le Concerto Soave à Ménerbes en 2022 également pour le concert de Noël.
On trouvera aussi une mise en perspective sur le site de la Philharmonie de Paris. Et un dossier complet sur le site de l’Opéra-Comique, auquel nous nous permettons d’emprunter son résumé détaillé.
PROLOGUE
La Musique accueille les spectateurs à l’orée de la représentation. Déployant l’expressivité du poème et guidant la temporalité du spectacle, elle montrera qu’elle sait tour à tour décrire, narrer, charmer, émouvoir et inspirer.
ACTE I
Dans le radieux royaume de Thrace, bergers et nymphes se rassemblent pour danser et chanter. Ils célèbrent la fin des souffrances de leur dieu Orphée, à qui la nymphe Eurydice s’est longtemps refusée avant de lui accorder ses faveurs. Hyménée, dieu du mariage, est invité à favoriser le bonheur des époux. Après s’être recueilli, Orphée invoque le soleil et la nature, témoins de son bonheur parfait auquel la tendre Eurydice se voue de toute son âme. Tous se dirigent vers le temple en affirmant la suprématie de l’espoir.
ACTE II
Orphée dirige à présent les réjouissances de son peuple en l’absence d’Eurydice et de ses compagnes. Il se remémore ses souffrances avec un soulagement joyeux : le plaisir n’est-il pas plus complet après l’expérience de la douleur ? Survient alors Sylvia, compagne d’Eurydice et porteuse d’un message funeste. Eurydice vient de mourir, piquée par un serpent venimeux. Tandis que les bergers cèdent au désespoir, Orphée passe de la stupeur à la révolte, puis à la résolution. Ce protégé d’Apollon ira rejoindre Eurydice aux Enfers pour l’en ramener ou y rester à jamais.
ACTE III
Orphée s’avance vers les Enfers guidé par l’Espérance. Elle est venue soutenir son courage mais doit l’abandonner sur le seuil fatal, car le Royaume des morts lui est interdit. Orphée affronte alors Charon. Le fils des ténèbres et de la nuit fait traverser le fleuve Achéron aux âmes des morts mais refuse d’embarquer les vivants, surtout depuis qu’il a cédé aux entreprises d’Hercule et de Thésée. Orphée tente de le charmer par le chant le plus sublime, puis par des supplications pathétiques. Seule une polyphonie instrumentale aura raison du farouche nocher qui succombe au sommeil.
ACTE IV
Proserpine plaide pour Orphée auprès de son époux Pluton, le maître des Enfers. Elle éprouve d’autant plus de compassion pour l’amour humain qu’elle est fille de la terre. Pluton se laisse fléchir à une condition : que sur le chemin du retour, Orphée ne regarde pas Eurydice. Malheureusement, Orphée se réjouit trop vite du pouvoir de sa lyre, puis met en doute l’autorité de Pluton. Cédant à l’orgueil et la défiance, il se retourne. Tandis que la malheureuse Eurydice exhale un dernier adieu, Orphée est refoulé vers la sortie des Enfers.
ACTE V
De retour dans le paysage témoin de ses souffrances et de son bref bonheur, Orphée demeure inconsolable. Seul l’écho répond à son chant de deuil. Évoquant les charmes d’Eurydice, Orphée se promet avec virulence de ne plus jamais aimer de femme. Apollon apparaît alors pour modérer ses fureurs. Le dieu des arts encourage son protégé à surmonter ses passions et à le rejoindre dans la véritable félicité, au Ciel, où il pourra contempler, parmi les astres, l’image d’Eurydice.
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