A La Roque d’Anthéron, le « Philhar » de Marseille et les lauréats du Concours Long-Thibaud :
artistes consacrés et talents en herbe réunis pour un concert de référence
Dans le cadre du Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron (site officiel)
Mardi 21 juillet 2026, Parc du Château de Florans, La Roque d’Anthéron
Orchestre Philharmonique de Marseille. Direction musicale, David Molard Soriano. Bohdan Luts, violon. Saehyun Kim, piano
Ravel, Tombeau de Couperin (Fugue et Toccata orchestrés par David Molard Soriano). Chausson, Poème pour violon et orchestre, opus 25. Tchaikovski, Concerto pour piano n°1 en si bémol mineur, opus 23
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Le Festival international de piano de La Roque d’Anthéron consacre cette soirée aux deux derniers lauréats du prestigieux Concours Long-Thibaud, soit le violoniste Bohdan Luts et le pianiste Saehyun Kim, tous deux ayant remporté le Grand Prix lors des deux dernières éditions, respectivement en 2023 et 2025.
Composé initialement pour le piano seul par Maurice Ravel, le Tombeau de Couperin fut créée par Marguerite Long, qui donna son nom au concours. Ravel orchestra plus tard quatre numéros sur les six pour une formation symphonique, et c’est le chef du soir David Molard Soriano qui propose l’orchestration de la Fugue et de la Toccata. Dans une acoustique particulièrement sèche et précise pour la définition du son, le hautbois solo de l’Orchestre Philharmonique de Marseille est souvent sollicité et fait un sans-faute. Les doux passages à la harpe et à la flûte sont très sereins et beaux, puis on apprécie le crescendo de l’orchestre au cours du cinquième numéro en Menuet.

Les pupitres d’altos et de violoncelles au démarrage du Poème pour violon et orchestre d’Ernest Chausson ne charment pas immédiatement l’oreille, perfectibles en précision d’intonation. Le violoniste ukrainien Bohdan Luts fait en revanche preuve d’une impeccable musicalité, faisant chanter son instrument avec émotion. Il ne manque pas de virtuosité non plus au cours des passages les plus agités, avant d’interpréter avec grande délicatesse un final dans un registre souvent suraigu.

Le pianiste Saehyun Kim après l’entracte remporte un succès encore plus marqué dans le Concerto pour piano n°1 de Tchaikovski. Il faut dire que l’instrument est bien plus sonore, instrument-roi évidemment à La Roque. Mais le jeune soliste coréen de 19 ans sait aussi s’imposer par ses talents, un jeu puissant aux attaques vigoureuses et une virtuosité impressionnante. Son interprétation aussi est d’une grande sensibilité, par exemple dans ses légers dialogues avec l’orchestre. Dans les passages les plus rapides, les notes sont clairement détachées et il donne un piano de très grande ampleur par séquences. L’Orchestre Philharmonique de Marseille lui fournit un accompagnement de qualité, dans un son parfois un peu plus prosaïque pour les pupitres de cuivres.
Deux sonates de Chopin en bis confirment, s’il en était besoin, la rare valeur du jeune musicien, la première Nocturne n.20, élégiaque et mélancolique, suivie de la seconde Valse n.6, prise à un tempo d’enfer, à la limite de manger de petites notes !
I.F. & F.J. © Frank Denis
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