L’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée au Festival d’Aix-en-Provence : de belles promesses d’avenir

Lundi 20 juillet 2026, Grand Théâtre de Provence
Orchestre des Jeunes de la Méditerranée
Sora Elisabeth Lee, direction. Aris Alexander Blettenberg, piano
Zoltán Kodály, Galántai táncok (Danses de Galánta). Ernő Dohnányi, Variationen über ein Kinderlied, op. 25 ; Composition collective de l’OJM. Modest Moussorgski, Tableaux d’une exposition
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Le concert de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, planifié en fin de Festival d’Aix-en-Provence est devenu une tradition ces dernières années, cette fois-ci programmé l’avant-veille de clôture de la manifestation. Sora Elisabeth Lee succède à Evan Rogister au pupitre pour les deux dernières éditions, la Coréenne, actuellement cheffe assistante de l’Orchestre de Paris auprès du directeur musical Klaus Mäkelä, s’exprimant au micro dans un très bon français pour remercier le public venu en nombre, ainsi que les partenaires publics et privés qui soutiennent le concert. Elle rappelle également que ces jeunes musiciens talentueux provenant de toutes les rives de la Méditerranée ne se sont réunis que depuis quelques jours et n’en sont pas moins parvenus à former un véritable orchestre en une courte période de répétitions !

Le programme commence avec les Danses de Galánta de Zoltán Kodály, pour une musique très suggestive, chatoyante, parfois aux accents orientaux, en particulier au cours du long solo intermédiaire à la clarinette. Mais il faut mentionner l’assurance de tous les instruments à vent, hautbois, flûte, piccolo, mais aussi du cor, ce dernier étant généralement le plus capricieux vis-à-vis de la parfaite justesse de ton. L’ensemble des cordes se montre aussi très sûr, virtuose sur les passages les plus rapides, contribuant à la très belle allure de la formation, dotée d’une grande énergie. (photo : au piano Aris Alexander Blettenberg).
Les Variationen über ein Kinderlied d’Ernő Dohnányi qui suivent forment une pièce originale, les variations sur le thème de la chanson pour enfants « Ah ! vous dirai-je, maman » étant encadrées par une introduction et un final orchestraux de grande ampleur. Il en va ainsi des premiers accords explosifs aux cuivres et percussions, qui contrastent ensuite avec la gentille petite phrase prise au piano seul, cette opposition de niveaux de décibels faisant d’ailleurs pouffer légèrement le public. Le pianiste Aris Alexander Blettenberg y montre une grande agilité d’exécution, lors de séquences parfois assez éloignées de la mélodie originale aux orchestrations inventives. On apprécie en particulier le passage où le soliste fait sonner son instrument à la manière de clochettes d’une boîte à musique.

En fin de première partie vient la composition collective de l’OJM, œuvre des cinq jeunes artistes, venus de Tunisie, de Grèce, d’Égypte et de France, et qui se tiennent sur le devant de la scène : Amena El Abd (chant), Saber Radhouani (chant), Jules Regard (trombone), Akram Ben Romdhane (oud) et Eirini Alisà (piano). Comme pour les éditions des années passées, les sonorités sont ici clairement orientales et/ou méditerranéennes, comportant de longues improvisations, à l’oud et au piano notamment. La partie de chant masculin de Saber Radhouani émet des trilles à l’orientale, aux grands intervalles qui sollicitent la limite de la voix de tête.
Après l’entracte, les Tableaux d’une exposition composés pour le piano par Modest Moussorgski puis orchestrés par Maurice Ravel pour une forme symphonique, mettent à nouveau bien en valeur toutes les qualités de ces jeunes instrumentistes. On reste admiratif devant le résultat et le formidable travail de répétitions, avec l’aide précieuse du mentorat de quelques musiciens professionnels du London Symphony Orchestra. Même si la trompette solo à l’entame pourrait revêtir un peu plus d’éclat, les pupitres de cuivres en général produisent un beau brillant et participent à l’ampleur des tutti de l’ensemble. Un orchestre, éphémère donc, de grande allure et un avenir prometteur pour ces jeunes musiciens… ainsi que pour nous spectatrices et spectateurs !
I.F. & F.J. © Vincent Beaume
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