Evénement !

Jeudi 2 juillet 2026, La Halle aux grains, Toulouse
Claude Debussy, Prélude à l’après-midi d’un faune (10 min). Maurice Ravel, Ma Mère l’Oye, suite : 1.Pavane de la Belle au bois dormant ; 2.Petit Poucet ; 3.Laideronnette, impératrice des Pagodes ; 4.Les Entretiens de la Belle et la Bête ; 5.Le Jardin féérique (18 min). Albert Roussel, Bacchus et Ariane, suite n°2 : 1.Sommeil et réveil d’Ariane ; 2.Désespoir d’Ariane et arrivée de Bacchus ; 3.Bacchus danse seul ; 4.Baiser de Bacchus et enchantement dionysiaque ; 5.Le Thiase défile et danse d’Ariane ; 6.Bacchanale ; 7.Le couronnement d’Ariane. (17 min.)
Maurice Ravel, Daphnis et Chloé, suite n°2 : 1.Lever du jour ; 2.Pantomime ; 3.Danse générale.
Concert enregistré par France Musique et diffusé le 14 juillet 2026.
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« Attention : événement ! Pour la première fois depuis 2003, Michel Plasson revient diriger l’Orchestre du Capitole, à la Halle aux grains, dont il a fait l’écrin de l’orchestre depuis 1974. À l’occasion de ce concert exceptionnel, Michel Plasson renoue avec sa ville d’adoption pendant près de 35 ans : Toulouse ! Au programme : Debussy, Ravel et bien d’autres, magnifiés par cet infatigable ambassadeur de la musique française, lui qui a coutume de dire que c’est « une musique tellement fragile qu’il faut l’aimer et la prendre dans ses bras ! ». Plus qu’un concert : un cadeau. » (programme de salle).
Toulouse ? Toulouse-en-Occitanie pour Classiqueenprovence de région Sud ? Nous ne pouvions pas ne pas céder au caractère exceptionnel de l’événement. D’autant que Michel Plasson est également un fidèle du Vaucluse, par les Chorégies d’Orange notamment. Et que le spectateur de ce concert d’anthologie, qui nous a fait l’immense honneur de nous confier ses impressions, est Emmanuel Trenque, qui était, jusqu’en 2023, Chef de chœur de l’Opéra de Marseille.
G.ad.
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COMPTE RENDU DU CONCERT
Michel Plasson, le temps suspendu

Il existe des concerts dont on se souvient pour leur perfection. Et puis il en est d’autres, infiniment plus rares, plus précieux, qui échappent à toute critique parce qu’ils appartiennent déjà à l’Histoire.
Le 2 juillet 2026, à la Halle aux Grains de Toulouse, Michel Plasson n’est pas revenu diriger un concert. Il est revenu saluer une vie, une vie en musique, « chez lui » à Toulouse.
Plus de vingt-trois ans après avoir quitté la direction de l’Orchestre National du Capitole en 2003, Michel Plasson retrouvait « son » orchestre, « sa » salle et un public qui ne l’avait jamais oublié.
Dès son entrée sur scène, avant même que ne résonne la première note, une interminable ovation spontanée (et debout) accueillit celui qui, pendant trente-cinq années, façonna l’identité sonore de l’Orchestre du Capitole et fit rayonner la musique française dans le monde entier. L’émotion était palpable, les yeux des spectateurs déjà rougis par l’émotion.
Je ne me rappelle pas avoir déjà vécu une ovation debout avant un concert.
Le Maestro, visiblement profondément touché, se contenta de quelques mots d’une simplicité bouleversante : « Combien je suis heureux de vous voir. »
La salle répondit spontanément : « Nous aussi. » Tout était déjà dit.

C’était également un jeudi, souvenons-nous que le Jeudi 10 Juin 1999, le Maestro Michel Plasson célébrait dans cette même Halle aux Grains ses 30 ans à la tête de l’Orchestre National du Capitole (avec l’exceptionnelle participation d’une vingtaine de solistes musiciens et chanteurs et pas moins d’une douzaine de chefs). L’histoire musicale de Toulouse honorait alors, déjà, une exemplaire aventure entre un chef, un orchestre, et un public.
Ayant eu l’heureuse opportunité d’assister à ces 2 concerts dont les souvenirs prégnants sont toujours présents, cette synergie, cette puissante (et inexplicable) symbiose entre le public, son orchestre et « son » chef étaient encore plus vifs en ce 2 juillet à Toulouse.
Michel Plasson appartient à cette génération qui considérait que la véritable autorité naissait de la connaissance, du travail et du respect. Son art n’a jamais recherché l’effet. Il recherchait la vérité d’une phrase, la lumière d’un timbre, la poésie d’un silence… la beauté à l’état pur.
En l’écoutant (et le voyant) ainsi retrouver Debussy, Ravel ou Roussel, on avait le sentiment d’entendre ces partitions revenir à leur langue maternelle. Peu de chefs auront autant compris que la musique française ne se dirige pas dans la démonstration mais dans la respiration ; non dans l’épaisseur, mais dans la transparence ; non dans le spectaculaire, mais dans l’élégance. Ces trois clefs n’auront jamais quitté le Maestro et son orchestre pendant tout le concert : respiration, transparence et élégance.
La salle entière semblait retenir son souffle. Les musiciens, eux aussi, jouaient autrement.
Un programme féérique et chorégraphique était proposé : le Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy, Ma Mère l’Oye de Maurice Ravel, la suite n°2 de Bacchus et Ariane d’Albert Roussel mais également la suite n°2 de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel après l’entracte… le dernier mouvement, la Bacchanale, de la danse générale voyant même le Maestro se lever avec vigueur de son tabouret pour diriger avec fougue et enthousiasme les dernières pages musicales.
Attentif à tous ses musiciens, Michel Plasson veillait sur yeux d’un regard paternel toute la soirée… les partitions sur son pupitre parfois même étaient inutiles (il dirigea Ma Mère l’Oye par cœur), et toujours le soin et la grande élégance de faire saluer chaque soliste (quelle fête musicale pour la Flûte solo Mélisande Daudet !).

On se doutait bien que la soirée ne serait pas finie après la petite vingtaine de minutes de Daphnis ayant ouvert la 2ème partie du concert. Ce ne seront pas moins que 5 bis qui seront offerts à une salle littéralement « en feu » (sous la canicule toulousaine)….. à laquelle Michel Plasson répond « je ne peux pas partir ! »
Quelques chaises de musiciens se vident (peut-être pour un effectif plus intimiste ?) … non !
Une quinzaine « d’anciens » de l’Orchestre National du Capitole, désormais à la retraite, rejoignent le Maestro et leurs « collègues » sur le plateau … quelle émotion, quel beau geste de reconnaissance (dans les 2 sens) et quel bonheur de revoir des artistes acclamés et tant applaudis depuis de nombreuses décennies.
Ils offriront La Marche Hongroise, l’Ouverture de Carmen (incandescente), la Valse Triste de Sibelius (en clin d’œil à l’actuel directeur musical), le Piccadily (orchestral) de Satie et le très poignant Adagietto extrait de la Suite de l’Arlésienne de Bizet (dont le pianississimo d’ouverture a plongé la bruyante arène de la Halle aux Grains dans une écoute spirituelle, un silence recueilli, offrant ainsi une dernière fois les qualités de transparence et d’un son impalpable… magique.
Ce 2 Juillet 2026 à la Halle aux Grains de Toulouse, plusieurs générations se sont retrouvées autour de la même mémoire sonore pour un instant magique, presque céleste, qui restera gravé dans la mémoire des spectateurs présents.
Nous n’avons pas seulement applaudi un immense musicien mais remercié celui qui aura fait de la musique un art de la transmission.
Merci Michel Plasson !
Emmanuel Trenque, directeur artistique des Chœurs du Théâtre Royal de La Monnaie à Bruxelles.
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NOTES BIOGRAPHIQUES

Après 8 étés aux Chorégies (jusqu’en 2016, départ du directeur Raymond Duffaut) comme Coordinateur Choral et Assistant à la Direction Musicale, Emmanuel Trenque est, en ce mois de juillet 2026, « en partance pour les Soirées Lyriques de Sanxay où [il est] Chef de Choeur invité » dans La Flûte enchantée.
Toulousain d’origine, il s’était formé ensuite à Lyon, Paris ; nommé à l’Opéra de Tours (2004-2015), il y a été chef de chœur, directeur musical de la Maîtrise, et y a dirigé l’orchestre symphonique.
A Marseille, où il a été Chef de Choeur pendant quelques années (2015-2023), il a accompli un travail remarquable, unanimement salué. Il est depuis 2023 directeur artistique des Chœurs du Théâtre Royal de La Monnaie à Bruxelles, dont Alain Altinoglu est directeur musical, prolongé jusqu’en 2032. Par ailleurs arrière-arrière-petit-fils du compositeur et musicologue Amédée Gastoué (1873-1943), il s’inscrit dans une tradition musicale familiale.
Quant à Michel Plasson, Emmanuel Trenque nous rappelle son parcours « provençal », « à Orange….avec pas moins de 20 rendez-vous aux Chorégies depuis Faust en 1990 jusqu’à Turandot et un concert Lyrique en 2012, puisqu’il avait dû renoncer aux Carmina de 2014 ».
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FEUILLE DE SALLE, EXTRAIT
Michel Plasson, Toulouse et la musique : une longue histoire d’amour
« Au sein de cette ville extraordinaire et dynamique qu’est Toulouse, il a su effectivement contribuer à son développement culturel et faire partie intégrante de ce jardin botanique luxuriant ». Lord Yehudi Menuhin, cité dans Michel Plasson : Trente ans de musique à la tête de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, Éd. Privat, 1998.
« Il », c’est Michel Plasson, de retour ce soir à Toulouse, pour la première fois depuis 2003. Le temps d’un concert exceptionnel, le revoici dans la chaleur de « sa » ville, dans l’écrin de la Halle aux grains qu’il a construit, à la direction de « son » Orchestre national du Capitole, entouré de « son » public.
Les plus anciens se remémorent de fabuleux concerts sur le vif. Les plus jeunes découvrent l’homme qui a nourri l’âme de la Ville rose pendant 35 ans.
Entre 1968 et 2003, Michel Plasson hisse la vie musicale toulousaine sur le velours des nuages, d’abord en donnant naissance à l’Orchestre du Capitole. Sous sa baguette, les chanteuses Mady Mesplé, Régine Crespin et Barbara Hendricks se produisent au disque ou à l’opéra, le pianiste Arthur Rubinstein choisit de faire ses adieux à la scène en 1975 à la Halle aux grains, et Claude Nougaro fait swinguer la Place du Capitole en 1993 pour l’inauguration du métro…
L’orchestre rayonne lors de tournées à Carnegie Hall et en Occitanie, également à travers une centaine de disques. Héritage solide et sensible dans lequel s’inscriront les directeurs musicaux suivants, Tugan Sokhiev et Tarmo Peltokoski.
Né le 2 octobre 1933 à Paris, Michel Plasson a d’abord été percussionniste, pour des ensembles symphoniques et même pour Edith Piaf. Lauréat du Concours international de direction d’orchestre de Besançon en 1962, il fait la rencontre de Charles Munch, qui l’invite à se perfectionner aux Etats-Unis, et d’Herbert von Karajan qui l’invite à diriger le Philharmonique de Berlin. Appelé en Amérique du Nord, il choisit finalement de lier son destin avec Toulouse. Par sa sensibilité et son travail, Michel Plasson a inscrit un signe « égale » entre son nom, celui de l’Orchestre et la musique française. Ardent défenseur de Berlioz, Debussy, Ravel, il a aussi remis à l’honneurle répertoire d’Albéric Magnard et d’André Messager, et interprété des contemporains tels Henri Dutilleux. Cette musique française, il aime la comparer à « une fleur fragile, dont il faut prendre soin ».
Michel Plasson a par ailleurs été premier chef de l’Orchestre philharmonique de Dresde et chef principal de l’Orchestre symphonique national de Chine à Pékin. Il a été invité par les plus grandes phalanges orchestrales et par les plus grandes maisons lyriques, à New York, Paris, Munich, Vienne, Milan, Naples, Tokyo, Chicago, Buenos Aires ou encore Mexico.
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