Entre tradition française et tempérament italien, ces Noces de Figaro trouvent le juste équilibre et s’imposent avec une efficacité réjouissante

Jeudi 4 juin 2026, théâtre de l’Odéon, Marseille
Les noces de Figaro de Mozart / Beaumarchais
Gaspard Brécourt, Direction musicale. Éric Perez, Mise en scène. Yassine Benameur, Assistant à la mise en scène. David Belugou, Costumes. Frank Aracil, Scénographie. Joël Fabing, Lumières
Judith Fa, Suzanne. Charlotte Despaux, La Comtesse. Jean-Gabriel Saint-Martin, Figaro. Anas Séguin, Le Comte. Estelle Mazzillo, Chérubin. Matthieu Toulouse, Bartolo. Ahlima Mhamdi, Marcelline. Eric Vignau, Basile. Agathe Petitjean, Barberine. Yassine Benameur, Antonio
Orchestre Opéra des Landes
Production : Opéra Éclaté/Opéra des Landes
Coproduction : Clermont Auvergne Opéra/Opéra de Massy
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Les noces de Figaro ou plutôt Le nozze di Figaro, puisqu’il s’agit bien ce soir de l’opéra de Mozart dans l’original italien, même si les récitatifs sont remplacés par des dialogues en français tirés du Mariage de Figaro de Beaumarchais. La production d’Opéra Éclaté / Opéra des Landes a été créée en mai 2017 au Centre Lyrique Clermont-Auvergne, puis reprise au mois d’août suivant au Festival de Saint-Céré. Le spectacle a tourné depuis dans différents lieux, les décors restreints et l’effectif réduit pour la partie musicale permettant justement d’être accueilli par des théâtres de dimensions modestes. Et c’est assez logiquement que deux représentations sont programmées au Théâtre de l’Odéon, dans une salle comble pour cette soirée de première, devant un public bien plus jeune en moyenne que pour les habituelles opérettes données le week-end en matinée.
La mise en scène d’Éric Perez est simple, vivante et efficace, dans la scénographie réduite à l’essentiel de Frank Aracil, mais plutôt élégante sous les belles lumières de Joël Fabing. Un lit et deux malles figurent la chambre des futurs époux Figaro et Suzanne, devant plusieurs parois qui délimitent les autres pièces du château, tandis qu’une toile peinte de ciel nuageux reste en place en fond de plateau pendant toute la soirée. Les parois seront agencées différemment lors des actes suivants, puis pour le quatrième et dernier acte, ce sont des éclairages rouges qui installeront l’atmosphère nocturne.

On est surpris à l’écoute des premières mesures de l’Ouverture par la très faible épaisseur musicale, les musiciens de l’Orchestre Opéra des Landes étant en nombre très compté. On entend en effet uniquement des instruments à cordes et les bois, sans les cuivres et les percussions qui apportent d’ordinaire une majesté et une profondeur supplémentaires à la composition mozartienne. On entend plus tard un cor dans l’air de Figaro « Se vuol ballare » et … dommage qu’il ne participe pas à l’Ouverture ! Dirigé par Gaspard Brécourt, l’ensemble des instrumentistes fait tout de même au mieux pour restituer la partition, avec des résultats parfois inégaux, entre intonation régulièrement imparfaite et certains accompagnements bien plus réussis, comme pour « Voi che sapete » de Cherubino, air composé justement pour les bois sur fond de pizzicati des cordes.

La partie vocale apporte davantage de satisfactions, à commencer par les deux barytons superbement timbrés et à la vigoureuse projection, Jean-Gabriel Saint-Martin et Anas Séguin, respectivement distribués en Figaro et le Comte Almaviva. Le premier montre un bel abattage dans « Non più andrai » en fin de premier acte, tandis que Comte fait aussi preuve de mordant dans sa grande scène du III « Hai già vinta la causa ». On préfère ensuite la Suzanne de Judith Fa, jolie pulpe vocale et soprano à la fine musicalité, à Charlotte Despaux, très engagée dans le rôle de la Comtesse, mais qui déploie un chant parfois forte qui gagnerait à être allégé. Pour compléter les rôles principaux, Estelle Mazzillo en Chérubin réussit bien mieux son deuxième air « Voi che sapete » que son premier « Non so più cosa son, cosa faccio », où l’on note un sérieux décalage avec l’orchestre au départ de l’air. A noter que pour le finale, parmi les couples constitués, ou reconstitués, paraissent le Comte avec Barberine, ainsi que la Comtesse au côté de Chérubin.
I.F. & F.J. © I.F.
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