La parabole du Seum : au royaume de la graisse jusqu’à l’écœurement

4 5 6 | 8 9 10 11 12 juillet À 22H Au cloître des Célestins. Durée : 2h30
Distribution. Conception et texte, Rébecca Chaillon, avec la participation de Alexia Alexi, Yanis Boulahia, Solenne Capmas, Céline Champinot, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Living Smile Vidya, Nabila Mekkid, Élisa Monteil, Suzanne Péchenart, Chloé Roger, Camille Riquier, Julie Teuf. Mise en scène, Rébecca Chaillon, Céline Champinot. Avec Yanis Boulahia, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Nabila Mekkid, Julie Teuf, Living Smile Vidya. Scénographie, Camille Riquier. Son et régie son, Élisa Monteil. Lumière, Alexia Alexi, Chloé Roger. Costumes, Solenne Capmas. Régie générale de création et plateau, Suzanne Péchenart. Création et régie vidéo, Élisa Bernard, Boris Carré, Tao Klos et Pauline Millet (en alternance). Régie lumière, Chloé Roger. Régie son, Élisa Monteil. Surtitrage, Lisa Wegener. Traduction anglaise pour le surtitrage, Amelia Parenteau. Accompagnement technique, Nicolas Ahssaine. Stagiaire en assistanat à la mise en scène, Marie Delpit
Administration, production, diffusion, Élise Bernard, Manon Crochemore, Amandine Loriol. Direction de production et développement, Mélanie Charreton / Bureau O.u.r.s.a M.I.n.o.r
Une réalisation scénographique du Pôle de mutualisation de services et ressources techniques. Avec le soutien de l’Atelier Costumes du Théâtre National Wallonie Bruxelles
Production. Production Compagnie Dans le ventre . Coproduction Théâtre Public de Montreuil CDN, Théâtre national Wallonie-Bruxelles, Vienna Festival (Wiener Festwochen) | Free Republic of Vienna (Vienne), Les Nuits de Fourvière festival international de la Métropole de Lyon, Comédie de Genève, Maillon Théâtre de Strasbourg Scène européenne, Dublin Theatre Festival (Dublin), tnba Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Le Volcan Scène nationale du Havre, La Criée Théâtre National de Marseille, Le Carreau du Temple établissement culturel et sportif de la Ville de Paris, Théâtre Sorano Scène conventionnée (Toulouse), Festival d’Avignon et dans le cadre du programme transfrontalier Interreg VI France-Wallonie-Vlaanderen – Emerge,Le Manège Maubeuge Scène nationale transfrontalière, Le Phénix Scène nationale de Valenciennes, Maison de la Culture d’Amiens, Le Théâtre de Namur et Kunstencentrum VierNulVier Gent (Gand).
Soutien Pôle international de production et de diffusion – SUN, Théâtre Léo Ferré (Aulnoye-Aymeries), Le Générateur (Gentilly)
Remerciements Sandra Calderan, Shehrazad Dermé, Róise Goan,Abdallah et Maud Houmed, Mélanie Martinez-Llense, Mara Teboul, Margault Chavaroche, Léa Ferrez-Lenhard, Marianne Vigneulle et toutes les équipes du Manège Maubeuge – scène nationale transfrontalière, du Théâtre Léo Ferré – Aulnoye-Aymeries, du Théâtre Public de Montreuil – CDN et du Wiener Festwochen pour leurs accompagnements déterminants pendant les résidences de création.
Ce projet a été coproduit dans le cadre de Prospero New European Wave (Prospero NEW), cofinancé par le programme Creative Europe de l’Union européenne.
Le texte a fait l’objet d’une commande par la Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis (MC93) dans le cadre de Multitude, Biennale interculturelle de la Seine-Saint-Denis
Rébecca Chaillon est représentée par L’Arche – Agence théâtrale. www.arche-editeur.com
La Compagnie dans le Ventre est conventionnée par le ministère de la Culture (Drac Hauts-de-France).
Soutien pour le 80e Festival d’Avignon La Villa Albertine (New York), Spedidam, Onda – Office national de diffusion artistique
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Quand on entre dans le cloître des Célestins, l’une des plus belles scènes du Festival d’Avignon, une comédienne est déjà sur le plateau. Tout droit sortie du tableau La Laitière de Vermeer, elle annonce une grande loterie chez Mammouth, entre des piles de lingots et des montagnes-de mottes de beurre. Les spectateurs qui le souhaitent sont invités à venir faire la queue sur le plateau pour monter sur la balance et gagner 10% de leur poids en produits Mammouth. Quand une femme noire, obèse et nue vient s’intercaler dans la file qui s’allonge, la gêne s’installe parmi les volontaires, qui ne savent plus où regarder… C’est parti, le spectacle a commencé ! Bienvenue dans le temple de la consommation d’un supermarché du 93, en compagnie de cinq femmes et deux hommes en surpoids, dont certains amateurs. Tous jouent leur partition avec cœur, pour livrer au public leur expérience, marquée au fer rouge par la maladie, l’exil, le racisme, l’exclusion, la pauvreté, la stigmatisation…, et de leur combat pour survivre et rester debout, malgré tout.

Après avoir marqué les esprits des festivaliers en 2023 avec Carte noire nommée désir, une pièce interrogeant la place des femmes afrodescendantes dans la société française, l’autrice et metteuse en scène Rébecca Chaillon a présenté, pour cette 80e édition du Festival d’Avignon, La Parabole du Seum, une nouvelle création engagée. Mais cette nouvelle lutte contre les discriminations, dans l’univers de la grossophobie, n’a pas fait l’unanimité.

Inspirée du livre La Parabole du semeur, publié en 1993, la pièce aux allures de performance se compose de plusieurs tableaux, tous plus écœurants et dérangeants les uns que les autres. C’est le but ! accompagnés de textes poétiques. Mais ici, le récit de science-fiction qu’Octavia E. Butler projette en 2024, a rattrapé le réel. Nous voici vraiment plongés dans la société minée par le changement climatique et les inégalités que l’auteur imaginait. Les scènes décrites sur scène, parfois assorties de textes poétiques défilant sur un écran géant, le prouvent. Alors que certains, perplexes, préfèrent quitter les lieux, d’autres laissent échapper des rires nerveux. Poussés par la curiosité et un certain intérêt, comment ne pas rester jusqu’à la fin pour suivre l’argumentaire jusqu’au bout ? On retiendra quelques scènes d’anthologie, comme ces glissades à l’infini d’une interprète, valise à la main, pour fuir ce monde à la dérive, le partage répétitif d’un gâteau gelé entre des boulimiques au régime, l’écrasement spectaculaire d’une femme qui veut montrer sa capacité à surmonter les épreuves en se forgeant une carapace, la recette d’une plage aquarium qui, de paradisiaque vire à un enfer pollué dégoûtant ou encore la fabrication de beurre express à partir de lait… Il y a de l’idée. ça donne matière à réflexion. Mais le plaisir que prennent les interprètes n’est pas vraiment communicatif et l’on regrettera des longueurs et des excès voulus certes, mais était-ce bien nécessaire ?… Pour le savoir, il vous faudra rester jusqu’à la dernière réplique ou extrapoler à partir du titre (indice : « le seum », c’est le dégoût) ! Courage !
Marie-Félicia. Photos FDA Christophe Raynaud de Lage

On peut comprendre que, compte tenu de la multiplicité de soutiens et d’aides financières, le spectacle soit amené à tourner en diverses villes de France et divers pays proches (Belgique, Irlande, Suisse). On ne regrettera pas qu’aucune autre date ne soit prévue pour la région Sud-Paca.
G.ad.
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