L’incroyable et troublante destinée de Danielle Cravenne
Théâtre du Chien qui fume, 20h05, durée 1h30. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15 et 22 juillet. Réservations au 04 84 51 07 48.
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Dans cette nouvelle pièce au titre accrocheur, Jean-Philippe Daguerre part d’un fait divers incroyable et oublié, le détournement d’un avion par Danielle Cravenne. Avant d’être tragiquement abattue par la police, cette pseudo-terroriste formule des revendications, dont la première est la mise sous scellés de toutes les bobines du film Les Aventures de Rabbi Jacob. Quelle demande incongrue ! Et pourquoi un détournement d’avion ? Jean-Philippe Daguerre va littéralement nous embarquer avec lui, grâce au talent qu’on lui connaît. Il nous fera découvrir le destin passionnant et tragique de cette femme, à la fois forte et fragile. Il nous tiendra en haleine tout du long. Il nous permet de nous attacher à elle, explorant avec une grande délicatesse la descente aux enfers de cette femme, diagnostiquée maniacodépressive et auteure de cet acte fou. Charlotte Matzneff incarne à la perfection Danielle Cravenne ; elle nous fait ressentir, avec justesse et profondeur, l’exubérance de cette femme engagée avec des convictions profondes mais aussi son abattement et son désespoir. Les autres comédiens sont tous excellents, chacun dans son rôle. Un hommage particulier à Julien Cigana, en Louis de Funès époustouflant et drôle.
La scénographie de Narcisse est une grande force. Neuf écrans sur roulettes nous plongent dans les différents lieux de l’histoire, différents univers. L’espace prend ainsi vie et mouvement. Une belle harmonie se crée entre ces écrans, la musique, les lumières mais aussi le jeu des comédiens, pour une totale immersion du public. Des séquences pré-enregistrées jalonnent le récit, un dispositif original et inventif qui fait sens à la fin.
Une grande réussite ! Une histoire passionnante, remplie d’humanité dont on ressort rempli d’envies, celle de revoir les Aventures de Rabbi Jacob, celle d’en apprendre encore plus sur cette femme fascinante et les circonstances de sa mort, et, bien sûr, de voir enfin le conflit israélo-palestinien se résoudre. Hélas !
Sandrine. Photo Françoise Rappeneau
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