« Ce concert n’était pas au programme.
Arcadi Volodos, invité fidèle du Festival, s’est trouvé contraint d’annuler pour raisons médicales. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et nous mesurons la déception de ceux qui l’attendaient.
Mais l’histoire du Festival est aussi faite de ces moments-là. Et celui-ci nous permet d’accueillir, pour la toute première fois à La Roque d’Anthéron, Igor Levit. »
Ainsi commence le communiqué de presse du Festival reçu ce 1er août 2026. On imagine la course contre la montre qui se joue en coulisse dans chaque festival dès que surgit un imprévu, un accident, une maladie…

Il en sera peut-être, de cette soirée inattendue, comme de la soirée d’ouverture de ce même 46e Festival international de piano de La Roque d’Anthéron : la pianiste rock star Khatia Buniatishvili, dont on ne compte plus les annulations, aux Chorégies ou ailleurs, avait déclaré forfait pour la soirée du 19 juillet 2026, pour cause de canicule. Les réseaux (a)sociaux s’étaient déchaînés, en procureurs ou en avocats de la star. Nous ne prendrons pas partie. Mais le public présent ce soir-là a vécu un miracle, en découvrant une pépite italienne de 13 ans, Martina Meola, qui n’a sans doute pas fini de faire parler d’elle…

Le communiqué de ce jour précise l’illustre parcours du remplaçant d’Arcadi Volodos :
« Peu de pianistes vivants (né en 1987, NDLR) suscitent une telle unanimité. Le New York Times le décrit comme l’un des artistes les plus importants de sa génération. Le New Yorker écrit qu’il est « un pianiste comme aucun autre ». En 2018, il recevait le Gilmore Artist Award, distinction décernée à un seul pianiste tous les quatre ans. Son intégrale des sonates de Beethoven, parue chez Sony Classical, s’est hissée immédiatement en tête des classements mondiaux. »
Puis il analyse le programme proposé :
« Ce qu’il apporte ce soir tient en trois œuvres, et chacune est un sommet.
La Sonate D 959 de Schubert, écrite dans les dernières semaines de sa vie, où la sérénité côtoie le gouffre – un Andantino qui bascule soudain dans quelque chose que la musique n’avait encore jamais osé dire. La Fantaisie op. 49 de Chopin, l’une de ses pages les plus libres et les plus habitées : ni sonate ni ballade, une forme qui s’invente à mesure qu’elle se déploie. Et l’Appassionata, jouée par celui qui a passé des années à comprendre Beethoven de l’intérieur.
Igor Levit est aussi de ces artistes rares qui ne séparent jamais leur art de leur conscience. Musicien engagé, distingué par l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne, il place son travail dans le contexte du monde qui l’entoure. Cela s’entend. Il y a dans son jeu une gravité, une nécessité, qui ne ressemblent à rien d’autre.
Une soirée qui n’était pas prévue. C’est peut-être ce qui la rendra inoubliable.
Il y a des concerts qu’on attend depuis des mois. Et il y a ceux qui surgissent et qui, précisément parce qu’ils n’étaient pas écrits, deviennent ceux dont on se souvient.»
Nos chroniqueurs seront sur place. Ils auront la chance de la découverte !
G.ad. Photos Festival & Times
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