Au 77e Festival de Musique de Menton : le contre-ténor Maximiliano Danta vainqueur de « La Grande Battle » Vivaldi !

Mercredi 5 août 2026, Parvis de la Basilique Saint Michel Archange, Menton
Festival de Musique de Menton (site officiel)
Emiliano Gonzalez Toro, ténor et direction musicale. Maximiliano Danta, contre-ténor. Mathilde Etienne, maîtresse de cérémonie. Ensemble I Gemelli
Antonio Vivaldi : airs, duos et ouvertures
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Voir aussi notre présentation du Festival de Menton

On retrouve ce soir à Menton l’ensemble I Gemelli spécialisé dans le répertoire baroque, ainsi que ses deux fondateurs : le ténor et chef Emiliano Gonzalez Toro, et Mathilde Etienne dans le rôle de Maîtresse de cérémonie de la soirée. Cette dernière présente le concert consacré à Antonio Vivaldi : il s’agit d’une « Grande Battle », soit d’une « joute » ou d’un « combat » entre les deux chanteurs en présence, le ténor Emiliano Gonzalez Toro et le contre-ténor Maximiliano Danta. Chacun chantera un air, tour à tour, dans un ordre tiré au sort, ainsi que quelques duos. Le public déterminera, à l’applaudimètre, le vainqueur à l’issue du concert. Mathilde Etienne présente chaque air, avec des différences très significatives par rapport au programme imprimé et distribué au public.

Lors de l’Ouverture de Farnace, nous découvrons avec une certaine surprise que tous les artistes sont sonorisés, alors que la place sur le parvis de la basilique Saint Michel Archange, qui accueille une jauge de 500 spectateurs environ, reste selon nous de taille modeste. Dès lors, les petits défauts d’intonation de l’ensemble I Gemelli au début du concert nous apparaissent assez clairement par le biais des micros et haut-parleurs en place. Mais la justesse reprend rapidement le dessus et les neuf musiciens en présence fournissent un accompagnement de très belle qualité, un ensemble équilibré entre pupitres et harmonieux.
Le programme vocal commence avec un duo de La fida ninfa, où chacun montre ses qualités : souplesse d’exécution et large médium pour le ténor helvético-chilien et sonorités féminines et rapidité des coloratures chez le contre-ténor uruguayen. Maximiliano Danta marque incontestablement des points dans « Armatae face et anguibus », extrait de Juditha triumphans, air terriblement rapide et difficile, l’un des chevaux de bataille de Cecilia Bartoli il y a quelques années. Le contre-ténor garde une extrême précision pour l’émission des vocalises, avec des notes idéalement détachées. Plus tard, l’air « Sento in seno ch’in pioggia di lagrime » tiré de l’opéra Tieteberga dévoilera ses agréables capacités de legato, une élégante ligne vocale développée sur un fond de pizzicati des instrumentistes.

Emiliano Gonzalez Toro est aussi doté d’une souplesse vocale certaine pour les passages d’agilité, le médium est bien fourni, tandis que les notes les plus graves sonnent parfois plus discrètes. Il varie les nuances dans « Il piacer della vendetta » extrait de Il Giustino, entre le mordant de plusieurs attaques et le moelleux plus doux pour d’autres passages. On laisse d’ailleurs tomber la « Battle » lors du dernier air en première partie, le duo de Farnace « Gelido in ogni vena », une séquence somptueuse d’un grand relief dramatique où chacun donne le meilleur, selon nous le summum de la soirée.

Après l’entracte, les artistes continuent de s’épanouir, Emiliano Gonzalez Toro dans un air tiré de Tito Manlio, et Maximiliano Danta dans l’extrait de Il Giustino « Vedrò con mio diletto », avec des variations inventives dans la reprise da capo. Le dernier air au programme est le duo « Nel profondo » de L’Olimpiade, aux très grands intervalles et qui met une nouvelle fois davantage en valeur la voix plus aiguë et brillante du contre-ténor. Le public confirme très nettement sa préférence qui va à Maximiliano Danta, brillant contre-ténor qu’on espère entendre prochainement… sans micro ! Les artistes accordent en bis un nouveau duo tiré de Farnace.
I.F. & F.J. © Christian Merle
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