Mars en baroque : l’art de cultiver l’excellence sans se prendre au sérieux
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Au cœur de la multiplicité de propositions – de qualité – qui animent le territoire provençal toute l’année ou dans le cadre d’un festival, pour frapper les esprits on peut choisir entre deux voies : la surenchère de superlatifs ou le décalage. C’est ce dernier choix qui a été fait par l’équipe de Mars en baroque autour de Jean-Marc Aymes, fondateur du Concerto soave et du Festival, dont on connaît depuis longtemps l’excellence. C’est le message de l’emblème qu’il a choisi pour cette 24e édition, en jouant sur la polysémie de son thème, « Essence et influences », ou « comment la musique baroque s’est propagée à travers l’Europe gardant son essence mais s’adaptant aux diverses influences musicales ».
C’est ainsi que le Festival fera vibrer divers lieux de la ville de Marseille ou à proximité, dans des lieux de spectacles et de musique (Foyer de l’Opéra de Marseille, Conservatoire Pierre Barbizet de Marseille, Théâtre La Colonne Miramas), et plus généralement de culture (Archives départementales Gaston Deferre, la Cômerie, Église Notre-Dame du Mont, Palais du Pharo, Temple Grignan, Médiathèque de Meyrargues) ; mais il ira aussi dans des lieux plus inattendus de partenariat (Hôtel Hubaud,) ou à la rencontre de publics dits empêchés (Hôpitaux de Marseille (AP-HM).

Cette édition 2026 fera entendre divers ensembles, dont certains comptent parmi les quelque 210 membres de la Fevis : Orfeo Futuro (YouTube officiel ; ven. 6 mars, 20h30), La Chapelle Rhénane (dir. Benoît Haller, page de la Fevis ; sam. 7 mars, 20h30), Les Kapsber’girls (dir. Albane Imbs, page Fevis ; mer. 4 mars, 19h), Canto Fiorito (dim. 8 mars, 11h), Les Émissaires (Instagram ; mar. 17 mars, 19h), l’Ensemble Jacques Moderne (dir. Joël Suhubiette, page Fevis ; ven. 20 mars, 20h30), l’Ensemble Irini (dir. Lila Hajosi, page Fevis ; ven. 27 mars, 20h30), Concerto Soave (dir. Jean-Marc Aymes, page Fevis ; dim. 1er mars, 17h30 ; sam. 14 mars, 20h ; ven. 20 mars, 16h30 ; dim. 22 mars, 14h) ; des musiciens solistes ou chambristes, Flore Seube (gambiste, page FB ; dim. 15 mars, 17h), Salomé Gasselin (gambiste, Révélation Victoires musique classique 2024, entendue à Avignon en décembre 2024 ; site officiel ; sam. 21 mars, 18h), Arnaud de Pasquale (clavecin, page FB ; sam. 21 mars, 18h) ; et carte blanche sera offerte à la violoniste aixoise Amandine Beyer (site officiel ; ven. 13 mars, 20h).

« L’art baroque, né en Italie, s’est rapidement propagé à travers l’Europe, puis le monde, du Japon à l’Amérique Latine, de la Russie au Canada. Bien sûr, il a été remodelé par de multiples influences vernaculaires, mais l’essence de chacune de ses manifestations reste profondément marquée par cette nature indéfinissable et pourtant identifiable au premier coup d’œil, à la première écoute, qui la fait définir comme « baroque ».
La musique baroque n’échappe pas à cette règle. On peut gloser à l’infini sur les particularités du style français par rapport au style italien, des singularités allemandes, espagnoles ou anglaises : toutes ces musiques, ne serait-ce que parce toutes utilisent le principe nouveau de la basse continue, inventée à l’aube du seicento en Italie, sont bel et bien « baroques ».
C’est à cette essence baroque soumise aux multiples influences de chaque pays, chaque région, chaque ville et parfois chaque cour, à ce fascinant jeu de va-et-vient que le festival a voulu rendre hommage en 2026.
Comment la musique italienne de Monteverdi fut reprise par Schütz en Allemagne, comment deux compositeurs contemporains gèrent la musique vocale à Naples et en Thuringe, d’abord à la fin du XVIIème siècle (Erlebach et Veneziano), puis au début du XVIIIème (Bach et Scarlatti), comment l’Espagne suit son propre chemin en intégrant sa musique populaire, comment un saxon (Haendel) trouve son style définitif à Rome, comment la Lituanie et la Pologne intègrent la musique italienne, comme le duo vocal, né avec le baroque, se propage de Venise à Vienne, comment Venise et Constantinople peuvent se rejoindre le temps d’une soirée exceptionnelle…
Essence, influences… Et liberté : carte blanche sera donnée à Amandine Beyer. Quant aux violistes Flore Seube et Salomé Gasselin, à l’ensemble Les Émissaires, tous proposeront de passionnants programmes instrumentaux. Sans oublier un moment musical, gustatif et contemplatif autour du thé. C’est aussi cela le « baroque » ! »
Sous peu le programme complet du Festival Mars en Baroque
G.ad.
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