Everything must go : la fusion de l’IA et de l’humain

Du 16 au 22 juillet (relâche le 19) à 22 heures. Cour du lycée Saint-Joseph. Durée : 1h40. Spectacle en anglais surtitré en français.
Distribution. Avec Robin Arthur, Seke Chimutengwende, Richard Lowdon, Claire Marshal, Cathy Naden et Terry O’Connor
Création collective. Mise en scène, Tim Etchells. Texte, composition musicale et création sonore, Tim Etchells. Lumière, Nigel Edwards. Scénographie, Richard Lowdon. Vidéo, Tim Etchells & Hugo Glendinning . Régie générale, Alex Fernandes. Administration de production, Jim Harrison. Production, Eileen Evans. Traduction française pour le surtitrage, Aurélie Cotillart
Production. Coproduction Factory International (Manchester), Festival d’Avignon, HAU Hebbel am Ufer (Berlin), Künstler*innenhaus Mousonturm (Francfort-sur-le-Main), PACT Zollverein (Essen), SPRING Performing Arts Festival (Utrecht)
Soutien pour le 80e Festival d’Avignon : British council
Forced Entertainment est une compagnie soutenue au titre du National Portfolio de l’Arts Council England.
Représentations en partenariat avec France Médias Monde
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Quelle étrange proposition que cette nouvelle création du collectif britannique Forced Entertainment ! Quatorze ans après The Coming Storms et Tomorrow’s Parties, Tim Etchells, le directeur du collectif de Sheffield et ses six comédiens, étaient de retour au Festival d’Avignon avec Everything Must Go, un projet qui fait suite à leurs deux œuvres précédentes autour du lip-sync. Si Tim Etchells est bien l’auteur de la pièce et que les lèvres des interprètes bougent bien, au même titre que leurs corps et les traits de leurs visages, la seule voix que l’on entend pendant toute la représentation est celle générée par l’intelligence artificielle. Aux comédiens de synchroniser leurs lèvres avec elle.

Le résultat, sous forme de courts fragments ponctués de « bip », est étonnant, mais non dénué de sentiments, d’émotions et d’une certaine tension dramatique, grâce à l’interprétation impeccable et dynamique des artistes, qui grossissent le trait et impriment sur leurs visages des mimiques ultra expressives. Nous voici plongés avec eux dans une sorte de no man’s land (un bar ? un bunker ?), lieu unique de l’intrigue, hors du temps et pourtant bien connecté à un moment présent. Un point de basculement inquiétant et irrémédiable. Face à l’adversité, notre détermination, notre persévérance et la force du collectif sont notre seule porte de salut. Comme des pions déplacés par une force supérieure, les interprètes répètent leurs gestes sur le vaste plateau-échiquier, enfilant des perruques et des tenues diverses et variées, suspendues sur le côté du plateau, vidant et remplissant des caisses de bouteilles en verre qu’ils disposent sur les tables, au milieu d’un océan de verres en plastique qui ont bien du mal à ne pas retourner au sol. Quatre écrans sont accrochés en fond de scène et diffusent alternativement des images.

La scénographie est de toute beauté. Dans ce flux verbal où les mots semblent se vider de leur sens, de nombreux spectateurs sont perplexes (comme nous) et certains préfèrent jeter l’éponge. Au bout d’une heure, quelques rires nerveux s’élèvent des gradins. « On ne doit pas perdre le fil », nous dit la voix. Pas toujours facile dans ce monde fragile en déréliction ! Et quand « les mots ne sont pas bons » pour exprimer ce que l’on ressent, il ne faut « rien lâcher » et « garder espoir » » La démonstration était peut-être un peu longue et répétitive, mais le spectacle, loin d’être inintéressant est très esthétique et donne matière à réflexion.
Marie-Félicia. Photo FDA Christophe Raynaud de Lage
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