
Nous avions rencontré Serge Barbuscia, directeur du théâtre du Balcon à Avignon, lors de la présentation de sa saison 2025-2026, en octobre 2025. Il nous avait parlé notamment du Syndrome d’Ulysse, la création-maison 2026, que l’on attend aussi cet été au Festival. Voir l’intégralité de notre entretien.
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-Serge Barbuscia, vous envisagiez dans votre saison plusieurs créations, dont Le syndrome d’Ulysse en mars et On n’est pas des barbares qui, lui, est reporté sine die, annoncez-vous sur le site du Balcon. Parlez-nous donc d’Ulysse…
-C’est un texte que j’avais coécrit en Martinique avec Ali Babar Kenjah, un texte qui pour moi était important… mais évidemment comme toujours quand on écrit (rire). Dans mon cas, je ne voulais pas faire un spectacle uniquement pour monter un spectacle ; donc ce projet-là, nous en avions fait une lecture, d’abord en Martinique, ensuite au Sénégal en Casamance, et à Avignon nous avons fait cet été (2025, NDLR) une lecture dans le cadre du Souffle des mots (une sorte de festival dans le festival, dédié aux textes en gestation, en train de s’écrire, NDLR). Pour le concrétiser, on a trouvé du partenariat, ce qui nous aide, puisque le spectacle sera coproduit par le Théâtre National du Luxembourg. C’est donc un spectacle que nous créons au mois de mars (12-22 mars 2025) et qui sera ensuite joué au festival, puis au Luxembourg, et avec déjà quelques dates qui sont prévues sur les îles. Voilà. On a le projet évidemment en Martinique et Guyane.
-Le texte est écrit, dites-vous ; en est-il déjà à l’étape répétition ou pas encore ?
-On commence les répétitions en janvier.
-Vous évoquez les îles, et je sais que vous y avez tissé des liens, par des voyages fréquents. Des tournées y sont prévues pour cette saison ?
-Pour l’instant, on est sur les créations, les tournées vont suivre. Je viens d’arriver du Maroc où j’étais au jury au Festival international du cinéma méditerranéen, donc avec des rencontres vraiment formidables. Et un cinéma qu’on connaît finalement peu : des films turcs, des films grecs, italiens, français aussi bien sûr, et c’était vraiment intéressant. Moi j’ai besoin d’avoir ma valise. C’est formidable d’être ici, parce que Avignon, ça ouvre toutes les portes vers l’ailleurs, pour bouger, pour aller voir ailleurs. Moi j’ai toujours aimé bouger. Au Luxembourg aussi je suis allé souvent.
Evidemment j’aime les îles pour le soleil, mais il y a tout de même quelque chose qui m’intéresse dans les îles, c’est l’idée du métissage. D’ailleurs Le syndrome d’Ulysse, c’est un texte sur le monde, sur cet homme arc-en-ciel, que je vois poindre dans l’avenir. Dans les îles j’ai toujours eu de belles rencontres, poétiques aussi. Pour Le syndrome d’Ulysse, je n’avais pas décidé de l’écrire en Martinique, et puis ç’a été en résidence d’écriture avec TC Caraïbes ; il fallait trouver aussi un poète caribéen qui ait envie aussi de se confronter à moi sur ce texte-là. Et ç’a été formidable.
-Comment écrit-on à quatre mains ?
-Très difficilement, mais ce sont en fait deux mains qui travaillent. Sans cesse c’était des va-et-vient. Ulysse n’a rien écrit (sourire), c’est les autres qui écrivaient, donc moi je me suis un peu mis à la place d’Homère, j’ai pas pris de stylo, mais je parlais. Donc c’est vrai que Ali Babar a plus écrit que moi, tout en écoutant tout ce que je disais. J’ai pris le stylo à la fin, mais pas au début. On n’a pas la même écriture et c’est un travail très particulier. Ça demanderait beaucoup de temps pour expliquer comment j’avais imaginé les choses.
Propos recueillis par G.ad. Photo Gilbert Scotti
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