De la Comédie-Française, « un film qui s’adresse à tout le monde »

Les humoristes, acteurs et réalisateurs, Bertrand Usclat et Martin Darondeau, étaient à Avignon, jeudi 19 mars 2026, pour Les Rencontres du Sud (le festival de cinéma organisé par Le Capitole, du 10 au 20 mars). Ils ont présenté en avant-première leur première comédie De la Comédie-Française (sortie nationale le 22 juillet), un petit bijou.
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–C’est un casting 100 % Comédie-Française. Mais pas vous ! Comment est née l’envie de montrer les coulisses de cette institution ?
-Martin Darondeau : On en rêvait mais jamais on ne l’aurait imaginé ! Et c’est la Comédie-Française qui est venue à nous. Quand Bertrand Schaft, le directeur de la production de la Comédie-Française, a vu nos programmes courts sur Canal +, Broute et Moitié-é-s, que l’on fait avec Pauline Clément, de la Comédie-Française, il a demandé à Pauline de faire des sketchs sur la Comédie-Française. Pauline nous en a parlé et on a imaginé une série. Mais un an plus tard, en décembre 2024, aucun chef de télé n’en a voulu. Puis en février 2025, on a eu la proposition de faire un film. Mais il nous restait très peu de temps…
-Bertrand Usclat : Tout s’est fait en deux mois d’écriture, trois semaines de tournage ! On a profité d’une crise. Comme il n’y a pas de création de spectacles en 2026 parce que la Comédie-Française est en travaux de janvier à octobre, la salle Richelieu était disponible cinq jours en juin 2025. C’est exceptionnel car normalement, il y a toujours des répétitions. Nos producteurs n’ont pas voulu rater ça. C’était maintenant ou jamais !
-Comment s’est passé le tournage ?
-B.U. : on a pu investir tout le lieu, avec la petite difficulté que la Comédie-Française continuait à jouer pendant que l’on y était ! Il fallait que l’on soit discret, que l’on prévienne en amont, qu’on libère la salle Richelieu à 17 heures et pas une seconde de plus, parce qu’ils devaient monter le décor pour le spectacle du soir. Parfois, quand on tournait une scène, on faisait dix mètres et on voyait nos comédiens dans une autre tenue pour jouer le soir ! C’était très dur parce que l’on a sprinté, et en même temps génial, parce que personne n’avait le temps de revenir sur une réplique pour la changer.
-Quel est le public visé ?
-B.U. : J’ai l’impression que l’on a réussi à faire une comédie assez familiale, même si elle est grinçante par endroits et assez insolente. Le théâtre est une arène, mais ce n’est pas la thématique. La thématique, c’est un projet qui capote. Comment on avance ensemble, avec une famille que l’on n’a pas choisie. C’est quoi le sentiment de troupe ?
-M.D. : On a voulu faire un film populaire qui s’adresse à tout le monde et non élitiste, pour les seuls passionnés de théâtre. On peut ne jamais être allé au théâtre, ne pas connaître la Comédie-Française… et rire, comprendre les enjeux et être touché par l’histoire.

-L’humour s’est imposé ?
–M.D. : C’est notre grammaire ! On n’imaginait pas raconter cette histoire autrement que sur le ton de la comédie. Si on arrive à susciter la curiosité des personnes qui se disent que le théâtre n’est pas pour eux, on aura réussi un truc cool.
-B.U. : c’est un prisme assez délicat, car l’humour dit sans dire. On est fan des comédies de Nakache et Toledano, Le Dîner de cons… Les cinémas sont mes plus beaux souvenirs de comédie, enfant. Rire ensemble de quelque chose procure des moments de communion uniques.
-Vous avez déjà eu un très bon retour à l’Alpe d’Huez, avec quatre prix !
–M.D. : ça a été un shoot d’adrénaline car c’était la première fois que l’on présentait le film au public. À la projection, devant plus de 1 500 personnes, on a eu des vagues de rire, des standing ovations. Ce fut un immense bonheur, mêlé d’un soulagement et d’énormes émotions. Les prix ont couronné cette sublime semaine. C’est super pour le film, car ça a permis de le lancer.
-Avignon, vous connaissez bien…
–B.U. : très bien car on y a beaucoup joué et mis en scène pour le Festival. Mais version cinéma, en hiver, c’est une première !
–M.D. : j’ai découvert le Festival d’Avignon en 2007, lycéen. J’y suis revenu en 2008, pour être stagiaire au théâtre des Béliers. Puis tous les ans, à une exception près. C’est très étonnant de voir la ville calme.
Propos recueillis par MFA. Photos MFA
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