
Samedi 7 mars 2026, 20h ; dimanche 8 mars 2026, 15h, Opéra Grand Avignon. Durée 1h30
Opéra de Matteo Franceschini. Création mondiale. Livret, Stefano Simone Pintor, d’après Il Decameron de Giovanni Boccaccio. Direction musicale et études musicales, Bianca Chillemi. Mise en scène, Caroline Leboutte. Dramaturgie, Matteo Franceschini, Caroline Leboutte et Stefano Simone Pintor. Scénographie et costumes, Aurélie Borremans. Chorégraphie, Fatou Traoré. Éclairages, Nicolas Olivier, Assistante mise en scène, Roxane Lefevre. Assistante costumes, Rita Belova
Interprétation, Charlotte Avias, Clara Barbier-Serrano, Elena Caccamo, Mathieu Dubroca, Hélène Escriva, Elena Olga Groppo, Robin Kirklar, Laure Magnien, Laura Muller et Kenny Ferreira
Production Opéra Grand Avignon, avec le soutien du GMEM – Centre National de Création Musicale de Marseille, Institut Culturel Italien de Marseille, Petit Palais Diffusion, Fonds de création lyrique (fcl), la culture avec la copie privée
Chanté en plusieurs langues et surtitré en français – Éditions Ricordi
Conseillé à partir de 14 ans. ATTENTION certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes spectateurs
Tarifs. 42€ à 6€. Réservations sur le site de l’Opéra, www.operagrandavignon.fr, ou 04 90 14 26 40, ou sur place. Autour du spectacle : Prologue, 45 minutes avant la représentation, l’Opéra Grand Avignon propose un éclairage sur Décaméron. Entrée libre sur présentation du billet du spectacle
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« Dix jeunes dans un théâtre abandonné. Dehors, le chaos, mais dedans, un pacte : raconter des histoires, pour se souvenir que la vie continue ; comme autrefois Boccace qui écrivit Le Décaméron pour conjurer la peste et la peur. Alors dans ce huis-clos, peu importent les moyens : seule compte l’urgence de créer.
Chef-d’œuvre du Moyen-âge, Le Décaméron fut le premier grand best-seller populaire, un tourbillon d’histoires grivoises, romanesques, cruelles ou burlesques, un théâtre du monde où se croisent princes et pirates, ruses et désirs, illusions et vérités. Mais ici, pas de reconstitution : juste dix corps pour tout incarner.
Car cette création bouscule les codes de l’opéra. Pas d’orchestre, pas de hiérarchie entre les disciplines : tout d’abord une fête théâtrale, abolissant les frontières entre le chant, la parole et le jeu. Matteo Franceschini et Caroline Leboutte impulsent à leur sujet une énergie de troupe, rythmée par une partition organique qui efface les frontières entre les styles.
Raconter des histoires, c’est déjà résister ; et se retrouver, c’est déjà choisir l’espoir. Le Décaméron ne juge pas, ne tranche pas. Il provoque, amuse, dérange parfois ; il célèbre ce qui nous lie, et défie ce qui nous divise. Et il nous rappelle surtout une chose essentielle : au cœur de la tourmente, c’est bien du collectif que provient le salut. »
(Opéra Grand Avignon)
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Cette création mondiale s’appuie évidemment sur le Décaméron (en grec ancien « déka-hemerai », « 10 jours ») de Boccace, au XIVe siècle. En pleine épidémie de peste, 10 jeunes gens de bonne famille (7 jeunes dames, 3 beaux messieurs) en lieu clos se racontaient pendant 10 jours, à tour de rôle, 10 histoires ; des univers drôles, cruels, douloureux, fantaisistes, incroyables…
Monter cette œuvre aujourd’hui – après le film de Pasolini en 1971 -, c’est aussi se tenir debout, lutter contre un monde de chaos par la création artistique, théâtrale, musicale…
On avait entendu une autre création de Matteo Franceschini en juin 2024, une Cantata, interprétée par le dispositif Démopop’s (Demos instrumental, Maîtrise populaire vocale) dans un grand concert avec l’Onap, dirigé par Débora Waldman dans le cadre majestueux de la mythique Cour d’honneur du Palais des Papes (voir notre compte rendu). Le compositeur est en résidence d’artiste à l’Opéra Grand Avignon. Musique électronique, enregistrée ? L’Orchestre National Avignon-Provence, partenaire habituel des productions lyriques l’Opéra, sera, lui, en ciné-concert dimanche pour Azur et Asmar au Capitole-studios dimanche.
La chorégraphie, elle, est confiée à Fatou (Fatoumata) Traoré, actrice et danseuse burkinabé installée en Belgique – née justement un 8 mars -, dont on connaît la créativité. On peut lire, sur la page Facebook de l’Opéra Grand Avignon : « Fatou Traoré développe depuis plus de trente ans un travail exigeant autour du mouvement, du rythme et de l’énergie collective. Formée au contact de compagnies majeures comme Rosas et les ballets C de la B (qui ont cessé leur activité en 2022, remplacés aujourd’hui par La Geste, NDLR), puis fondatrice de sa propre compagnie, elle inscrit sa recherche dans un dialogue constant entre héritage et création contemporaine.
Ce dialogue est au cœur même du Décaméron.
Inspirée d’une œuvre médiévale, notre création fait résonner aujourd’hui des récits anciens, des élans collectifs, des questionnements intemporels.
Sa masterclass s’inscrit dans cette même traversée : explorer les danses du Moyen Âge à nos jours, et construire une danse qui voyagera à travers les temps. »
G.ad. Photos Barbara Buschmann
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