Concert du Nouvel An au Grand Théâtre de Provence : programme français et viennois par Le Cercle de l’Harmonie

Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence, samedi 10 janvier 2026
Concert du Nouvel An
Le Cercle de l’Harmonie. Jérémie Rhorer, direction.
Georges Bizet (1838-1875), Carmen, ouverture. Jacques Offenbach (1819-1880), Les contes d’Hoffman, Barcarolle. Charles Gounod (1818-1893), Faust, ballet. Jacques Offenbach (1819-1880), Orphée aux enfers, Galop infernal. Johann Strauss Sr. (1804-1849), Die Fledermaus, ouverture. Johann Strauss II (1825-1899), Wo di Zitronen blüh’n, op. 364 ; Unter der Donner und Blitz ; Champagner Polka, op. 211 ; An der schönen blauen Donau, op. 314 ; Pizzicato-Polka (composée avec Josef Strauss) ; Orpheus- Quadrille, op. 236 ; Tritsch-Tratsch Polka, op. 214. Johann Strauss Sr. (1804-1849), Marche de Radetzky, op. 228.
![]()
Voir aussi tous nos articles de janvier 2026

En résidence au Grand Théâtre de Provence, Le Cercle de l’Harmonie assure ce soir le concert du Nouvel An, sous la direction de son chef et fondateur Jérémie Rhorer. Le programme est composé de deux parties bien distinctes, d’abord française, puis viennoise après l’entracte, celle-ci dans la plus grande tradition du célèbre concert du 1er janvier dans la salle du Musikverein, événement retransmis chaque année en mondiovision sur nos postes de télévision, ordinateurs ou téléphones portables !
Après une Ouverture de Carmen en version courte, puis la Barcarolle des Contes d’Hoffman, où il ne manque que les voix de Giulietta et Nicklausse pour notre complet bonheur, le morceau de choix arrive, soit la musique de ballet du Faust de Gounod. Des sept numéros joués ce soir, représentant au total une vingtaine de minutes de musique, on n’entend habituellement à la scène que le dernier, illustrant la nuit de Walpurgis du cinquième et dernier acte. Orchestre historiquement informé jouant sur copies d’instrument d’époque, Le Cercle de l’Harmonie semble idéal dans ce répertoire, préservant un agréable équilibre entre pupitres, d’un son très expressif et certainement moins métallique à l’oreille qu’une formation dite moderne. La première partie se termine par le Galop infernal d’Orphée aux enfers, démarrant dans la finesse pour accélérer véritablement à un rythme d’enfer !

Direction Vienne après l’entracte, avec l’ouverture de la Fledermaus d’une belle énergie, aux contrastes piano-forte bien marqués, et un brin de caprice pour l’intonation du côté des cors naturels… instruments extrêmement difficiles à dompter ! Johann Strauss fils prend la part du lion par la suite, avec plusieurs valses et polkas parmi les « tubes » des extraits joués chaque 1er janvier à Vienne. Ça gronde effectivement – et ça éclate aux percussions ! – pendant Unter der Donner und Blitz (« Sous le tonnerre et les éclairs »), la Champagner Polka pétille comme le vin homonyme, et l’on vogue gentiment sur les flots pendant An der schönen blauen Donau.
La Pizzicato-Polka, qui sollicite donc les cordes uniquement, fait preuve de précision rythmique, la Tritsch-Tratsch Polka avance à vive allure et l’Orpheus-Quadrille, sorte de pot-pourri des nombreux airs d’Orphée aux Enfers, est un régal pour tout amateur d’Offenbach, différents instruments aux cordes, bois ou cuivres prenant tour à tour le rôle de la voix chantée dans ces bribes d’extraits. On termine le programme avec la traditionnelle Marche de Radetzky de Johann Strauss père, pour une bonne participation du public qui suit les instructions du chef.
En bis, une Polka où les contrebassistes font le spectacle, en faisant tourner leur instrument sur la pique, la reprise de la Champagner Polka, puis d’une partie de la Marche de Radetzky contribuent à faire passer un petit vent de folie dans la salle.
F.J. © F.J.
Laisser un commentaire