
Samedi 21 mars 2026, 17h, Collégiale Saint-Agricol, Avignon
Chœur de l’Opéra Grand Avignon (site officiel), direction musicale Alan Woodbridge
Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon (site officiel), direction musicale Christophe Talmont
Violoncelle, Evelyne Robbe. Orgue, Jean Michel Robbe
Gabriel Fauré, Messe basse pour chœur à voix égales et orgue : Kyrie eleison, Sanctus, Benedictus, Agnus Dei, 10’20 (YouTube). Gabriel Fauré, Ave verum, Op. 65 N°1 pour chœur à deux voix égales et orgue, 3’35 (YouTube). Gabriel Fauré, Ave Maria, Op. 93 pour deux voix solistes et orgue, 4’38 (YouTube). Yves Castagnet, « ô Notre Dame du soir », Motet pour trois voix égales et orgue (commande de Musique Nouvelle en Liberté pour Le Livre de Notre-Dame), 4’40 (YouTube). Amine Soufari, Méditation sacrée, pour chœur à deux voix égales, orgue et violoncelle, commande de l’Opéra Grand Avignon. Œuvre chantée avec le Chœur de l’Opéra. Gabriel Fauré, Cantique de Jean Racine, Op. 11 (YouTube1 ; YouTube2)
En co-réalisation avec Musique Sacrée/ Orgue en Avignon
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Christophe Talmont a été nommé en 2025 chef de chœur de la Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon et de la Maîtrise populaire (équivalent vocal du dispositif instrumental de Démos, voir le concert donné au Palais des papes en juin 2024, où Démopop’s avait créé la Cantata de Matteo Franceschini, qui signe en ce mois de mars 2026 la création de l’opéra Décaméron), en succession de Florence Goyon-Pogemberg. Il a noué des partenariats avec d’autres forces artistiques, et conçu un programme ambitieux, notamment ce concert de Carême, comprenant deux pièces de commande. Il présente ainsi son projet, dès le 30 décembre 2025 :
« Tout comme le programme de Noël, le programme initial de ce concert de Carême était prévu différemment pour la Maîtrise. Après mûre réflexion et une première phase de travail avec les jeunes maîtrisiens, j’ai souhaité l’adapter, ou plus exactement, le construire sur mesure, pour les enfants.
Si le concert de Noël a offert un aperçu de célèbres Christmas Carols et a ouvert la porte du répertoire latino-américain que je souhaite ardemment défendre dans les prochaines années, ce programme de Carême est résolument français ; français dans son langage, sa couleur harmonique, dans son expression pleine de pudeur, d’intimité et d’élégance, qui sied à merveille pour méditer sur le temps de Carême. Loin de la lumière de Noël et de la symbolique de cette fête chrétienne, le temps de Carême, qui précède la fête de Pâques, est une invitation à méditer, à se connecter à une forme d’introspection, puisqu’il s’agit de s’interroger sur la notion de la mort et de ce qui peut advenir au-delà.
Pour donner vie à cette introspection, j’ai souhaité associer deux compositeurs français qui, chacun avec son style, s’inscrivent dans la longue tradition de l’école française d’orgue. En premier lieu, Gabriel Fauré, un des compositeurs les plus représentatifs d’un art à la française. Maître de chapelle et organiste à l’église de la Madeleine à Paris, Fauré développa, grâce à ses études à l’Ecole Niedermayer et sa pratique quotidienne d’organiste liturgique, une écriture chorale d’une extrême sensibilité et d’une grande souplesse vocale, qui agit bien souvent comme un baume pour la voix humaine.
Face à cette personnalité pleine de charme et de douceur, dont l’œuvre chorale est immensément populaire dans le monde entier, j’associe le compositeur-organiste Yves Castagnet, qui officie à la cathédrale Notre Dame de Paris comme organiste de chœur et accompagnateur de la Maîtrise de ce lieu saint. Fort de son travail quotidien auprès de ce jeune chœur, Castagnet s’affirme comme un compositeur très talentueux pour l’écriture chorale et déploie une vocalité pleine de sensualité, d’ombre et de lumière, grâce au jeu subtil d’harmonies finement élaborées.
Mais la réflexion sur la mort et l’au-delà n’est pas une idée chrétienne en soi. Elle est le thème fondamental de l’existence humaine auquel chaque homme est confronté au soir de sa vie. Chacun peut s’y préparer en toute intimité, grâce à la pratique religieuse ou le soutien de différentes spiritualités et philosophies.
C’est pourquoi il m’a paru intéressant, au-delà de notre mission de soutenir la création contemporaine, de passer commande à un jeune compositeur algérien, Amine Soufari, pour recueillir sa sensibilité, sa part d’introspection face à cette interrogation si personnelle. Car là est la force de la musique : au-delà des mots, au-delà des langues, au-delà des différences culturelles, la musique favorise naturellement l’échange, se nourrit du regard de l’autre et abat toutes les frontières que l’on érige souvent par peur, pour laisser place à la fraternité dans tout son rayonnement et sa noblesse. Tendre la main à Amine Soufari est un geste fraternel pour moi, résolument contemporain, en ce sens que, plus que jamais, les barrières culturelles et musicales s’effacent peu à peu. Comment un jeune compositeur né aux portes du désert algérien et formé au Conservatoire de Marseille peut-il nous inviter à méditer sur ce thème central de la mort, lui qui est nourri à présent d’une double culture musicale ? Cet enrichissement culturel est, pour nous autres musiciens, une véritable bénédiction. Il alimente le questionnement, il éveille la curiosité, et il tisse au-delà des langages et de leurs codes des chemins de grande liberté, de créativité et de dépouillement. Et c’est le sens même du Carême ! Se dépouiller, pour être à l’écoute du divin. »
G.ad. Photo Marion Bonnet
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