1,2,3 Poquelin, un marathon sans éclat

Du 13 au 25 juillet (relâches les 15 et 20) à 21 heures. Durée : 4h30.
Distribution. De et avec Robby Cleiren, Jolente De Keersmaeker, Damiaan De Schrijver, Els Dottermans, Tine Embrechts, Bert Haelvoet, Willy Thomas & Stijn Van Opstal
Textes, Molière. Lumière, Luc Schaltin. Son, Alexandre Fostier, Brecht Beuselinck, Dimitri Devos. Costumes, Inge Büscher, An d’Huys
Coordination technique, Patrick Martens, Iwan Van Vlierberghe . Gestion des tournées, Mirte Declercq
Direction générale, Karel Vermeerbergen, Inge Huysmans. Stagiaire dramaturgie, Juliette Castro
Production. Production tg STAN. Coproduction, Les Nuits de Fourvière (Lyon), Festival d’Avignon, Le Quartz Scène nationale Brest, Le Manège Maubeuge
Soutien Tax Shelter du gouvernement fédéral par le biais du Cronos Invest
tg STAN est subventionné par la Communauté flamande
En partenariat avec France Télévisions
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On nous avait promis un marathon Molière. On l’a eu ! Jusqu’à plus soif ! Sans beaux costumes ni grands décors mais avec un bel accent flamand en prime, plus ou moins prononcé selon les comédiens ! On était parti plein d’entrain dans la navette reliant le centre-ville d’Avignon à la carrière de Boulbon. Prêt à partager une longue soirée sous les étoiles dans cet écrin exceptionnel au au cœur du Luberon, avec le maître de la comédie de la cour du Roi Soleil. 1,2,3 Poquelin, le titre était prometteur… D’autant que le collectif belge tg STAN (Stop thinking about names) n’en est pas à son coup d’essai en la matière. Il s’est déjà inoculé deux bonnes doses de Molière et de son humour corrosif avec Poquelin en 2003 et de nouveau en 2017 avec Poquelin II, considérant ses mots comme un remède imparable aux maux de notre siècle. Cette nouvelle création est un mélange des deux, avec des ajouts, des coupes, des choix différents pour être simple et efficace.

Entourés par les spectateurs, au cœur d’un dispositif trifrontal, les huit comédiens et comédiennes du collectif alternent une quarantaine de rôles, sur l’estrade, dans l’esprit du théâtre de tréteaux des troupes ambulantes du XVIIe siècle. Ils jouent devant un grand rideau rouge, engagés à 200 % pour faire (ré)sonner les mots et les vers de cet auteur qu’ils affectionnent tant. Ici, pas d’artifice. Seul le texte compte et le plaisir du jeu. Tout est artisanal et à la vue du public : changement de décors, de costumes, avec un grand naturel et beaucoup d’autodérision. Il y a même un souffleur (qui change lui aussi), assis à son bureau en cas de trou. Pas question de faire injure à l’auteur ou de dénaturer sa langue. Mais à force de ne pas se prendre au sérieux, le spectacle ressemble davantage à une répétition qu’à une création aboutie.

Alors que le jour décline et que la nuit s’installe, on aura reconnu Le mariage forcé, L’Avare avec une scène de la cassette hilarante, la mythique scène 2 de l’acte III des Femmes savantes, avec les vers d’un Trissotin admirable, entouré de trois savantes en pamoison, ridicules à souhait, un Médecin malgré lui où pleuvent les coups de bâton (indolores) et des extraits du Malade imaginaire. Molière est mort. Vive Molière ! Pour traverser cette épuisante odyssée de 4h30, entracte compris (pourquoi diable avoir enchaîné autant de pièces ?), le public est invité à se lever librement, à sortir et à revenir. Au moment des applaudissements, tout le monde salue la belle performance et l’énergie de ces sympathiques interprètes qui ont tenu jusqu’au bout, pour nous avoir offert un bon moment en cheminant avec Molière, et nous permettre de (re)voir nos classiques, mais sans grande émotion.
Marie-Félicia. Photos FDA Christophe Raynaud de Lage

Après Avignon, le spectacle est amené à tourner, en diverses régions de France. Pour la région Sud-Paca, ce sera en automne, du 2 au 4 octobre 2026, dans le cadre de Théâtres en Dracénie, à Draguignan, dans le Var.
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