Violettes impériales au Théâtre de l’Odéon de Marseille : le printemps avant l’heure !

Samedi 17 janvier 2026, Théâtre de l’Odéon, Marseille
Violettes impériales, opérette de Vincent Scotto
Didier Benetti, direction musicale. Carole Clin, mise en scène. Maud Boissière, chorégraphie. Loran Martinel, décors. ATL, costumes
Amandine Ammirati, Violetta. Julie Morgane, Séraphina. Perrine Cabassud, Eugénie. Élisabeth Aubert, Madame d’Ascaniz. Laura Tardino, Rosette. Christine Tumbarello, 1e dame / mère d’Eugénie. Frédéric Cornille, Don Juan. Dominique Desmons, Picadouros. Fabrice Todaro, Estampillo. Jean Goltier, Loquito. Jean-Claude Calon, Macard. Rémi Chiorboli, 1er Gentilhomme / Napoléon III. Cédric Brignone, 2e Gentilhomme / le Nordique. Jean Michel Muscat, L’Officier / Le Slave
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Marseille
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Quel plaisir de voir une salle aussi pleine au Théâtre de l’Odéon, c’est-à-dire complètement occupée, sans aucun fauteuil libre ! On imagine que ce ne sont pas les conditions météorologiques maussades du jour qui ont poussé les Marseillais au spectacle, mais Violettes impériales du compositeur marseillais Vincent Scotto est bien un incontournable du répertoire de l’opérette, qui attire les amateurs.
Avec des moyens réduits mais totalement en situation, la mise en scène de Carole Clin va bon train, toujours drôle et efficace. Si les décors de Loran Martinel se révèlent assez sommaires, tout en caractérisant au mieux les lieux de l’action – Séville au premier acte, puis Paris chez Napoléon III au second -, on admire la richesse des costumes, aussi bien espagnols qu’impériaux par la suite. Par exemple à l’entame du second acte, les dames de compagnie d’Eugénie portent de somptueuses robes jaunes ou violettes, cette dernière couleur dominant la représentation, les femmes tenant en main un petit bouquet printanier de violettes, préparé par Violetta, passée de petite marchande de violettes à fleuriste en chef du Palais.

Tout va bien qui finit bien dans cette intrigue : Violetta peut finalement épouser son aimé Don Juan, celui-ci ayant renoncé à Eugénie qui épousera Napoléon III. Les deux rôles principaux sont ceux de Violetta et Don Juan, tenus par la soprano bien sonore Amandine Ammirati et le baryton joliment timbré de Frédéric Cornille. Les airs sont plus souvent amoureux ou langoureux que désespérés, l’air de Violetta du second acte « Violette, petite fleur d’un jour, violette, richesse des faubourgs » nous restant durablement dans l’oreille.
Dans le rôle de Picadouros, barbon amoureux de Violetta, Dominique Desmons est impayable, depuis son air d’entrée « On a l’âge de son portefeuille ». Julie Morgane est aussi très drôle en Séraphina, chanteuse de caractère, mais aussi actrice d’un grand naturel et danseuse particulièrement souple à l’occasion. Autre couple, celui formé par la Rosette de Laura Tardino et le Loquito de Jean Goltier est sollicité par le chant, mais aussi par la danse pendant leurs deux duos, où ils exécutent même quelques passes acrobatiques. Il faut également mentionner les interventions régulières de trois couples de danseurs et danseuses, dont les chorégraphies de Maud Boissière vont des danses espagnoles aux danses de salon, en passant par un French cancan endiablé en deuxième partie. Fabrice Todaro complète en Estampillo, l’homme-à-tout-faire de Picadouros, ainsi que Perrine Cabassud et Jean-Claude Calon, pour les rôles parlés respectivement d’Eugénie et Macard.

Spécialiste de ce répertoire léger, Didier Benetti, assure une direction de qualité, pour une musique d’un caractère espagnol régulièrement marqué au premier acte. Certains passages peuvent nous faire penser à Offenbach, comme le quatuor Picadouros, Séraphina, Estampillo et Loquito « C’est un secret d’État, une affaire d’honneur » au second acte. Les choristes de l’Opéra de Marseille, assez nombreux et bien en voix, participent à ce succès collectif.
I.F. & F.J. © Christian Dresse
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