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Vendredi 16 janvier 2026, 20h, Théâtre du Balcon, Avignon. Site officiel
L’Homme atlantique
Texte, Marguerite Duras. Mise en scène, Laurent Montel. Avec Didier Luttenbacher
Précédé de Les mains négatives
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Un texte de Marguerite Duras qui réclame le théâtre !

Il faut du temps, et des opportunités, pour arriver à une autrice comme Marguerite Duras. Précisément : arriver, poser le pied sur une rive nouvelle.
La proposition de Didier Luttenbacher de l’accompagner sur L’Homme atlantique – cette courte et si dense traversée de l’art, de la perte et du deuil impossible – vient à point nommé.
Je la voyais de loin, impressionnante, cette petite bonne femme, ce style si particulier, si essentiel – crainte de ne pas savoir m’y prendre, je n’y serais sans doute jamais allé de moi-même.
Grâce à la confiance de Didier, m’y voilà. Et il nous apparaît assez évidemment, que la simplicité et la rigueur seront nos meilleures armes.
Ainsi, pas de décor, pas d’accessoires : le texte, et l’acteur.
La force évocatrice de Duras joue à plein dans ce texte qui, étrangement, n’était pas conçu pour le théâtre.
Étrangement, parce qu’on y trouve sur l’art de l’acteur des réflexions fondamentales.
Étrangement, parce que sa force émotionnelle appelle le corps de l’acteur.
Étrangement, parce que l’écriture se calque sur le souffle, la respiration, les étouffements d’un être humain.
Ce texte réclame le théâtre.
Nous partons, Didier, Christiane, et moi, pour ce voyage, cette exploration – à chaque étape des surprises, des découvertes, des incompréhensions et des éblouissements.
Nous avons cette chance. Quelle joie de la partager !
Laurent Montel.
« Je l’ai pris et je l’ai mis dans le temps gris, près de la mer, je l’ai perdu, je l’ai abandonné dans l’étendue du film atlantique. Et puis je lui ai dit de regarder, et puis d’oublier, et puis d’avancer, et puis d’oublier encore davantage, et l’oiseau sous le vent, et la mer dans les vitres et les vitres dans les murs. Pendant tout un moment il ne savait pas, il ne savait plus, il ne savait plus marcher, il ne savait plus regarder. Alors je l’ai supplié d’oublier encore et encore davantage, je lui ai dit que c’était possible, qu’il pouvait y arriver. Il y est arrivé. Il a avancé. Il a regardé la mer, le chien perdu, l’oiseau sous le vent, les vitres, les murs. Et puis il est sorti du champ atlantique. La pellicule s’est vidée. Elle est devenue noire. Et puis il a été sept heures du soir le 14 juin 1981. Je me suis dit avoir aimé. »
Marguerite Duras
Après Au pas de course (novembre 2025), Onysos le furieux (9 décembre) et Folk songs (13 décembre), ainsi que L’Etrangère de Jean-Baptiste Barbuscia, jouée dans le cadre des ATP, la saison 2025-26 se poursuit avec L’Homme atlantique, et bientôt le Fest’hiver. Voir notre entretien avec Serge Barbuscia en début de saison.
G.ad. Photo DR
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