Brio des cordes, expressivité des bois, musicalité du violon solo, direction très juste… Soirée de qualité

Vendredi 6 février 2026, Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence
Le Cercle de l’Harmonie. Jérémie Rhorer, direction. Sayaka Shoji, violon
Ludwig van Beethoven : Leonore III, ouverture ; Concerto pour violon ; Symphonie n° 4
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En résidence au Grand Théâtre de Provence, Le Cercle de l’Harmonie interprète ce soir un programme Beethoven, compositeur qui convient idéalement à cet orchestre historiquement informé qui joue sur instruments d’époque. Dans Leonore III, version de l’Ouverture qu’on entend régulièrement dans l’opéra Fidelio, la phalange donne un son davantage boisé que métallique et permet d’entendre plus clairement les détails des mélodies et de l’orchestration. Le chef et fondateur de l’ensemble Jérémie Rhorer imprime un tempo plutôt lent au début et dessine ainsi une atmosphère encore plus solennelle que d’ordinaire, avant d’animer plus vivement la musique. Les appels à la trompette en coulisse sont assurés, tandis que les cors naturels se montrent par instants légèrement capricieux en intonation.

Sayaka Shoji entre ensuite en scène pour jouer le fabuleux Concerto pour violon, créé par Beethoven pour le virtuose Franz Clement. La soliste montre toutes ses qualités dès le premier et assez long mouvement en allegro ma non troppo, en particulier une musicalité impeccable et un jeu agile et très fluide, jamais heurté… et quelle précision et quelle dextérité à la main gauche ! On y apprécie tout autant la longue cadence, très animée par instants, que la reprise tout en douceur qui enchaîne, pleine de sentiment. L’orchestre présente une belle allure, majestueux parfois, puis se fait bien plus délicat au cours du deuxième mouvement en larghetto, pendant que la musicienne fait chanter son instrument avec poésie. Le dernier mouvement en rondo allegro est donné sans temps mort, gai et sautillant comme un printemps arrivant après l’hiver, là encore ponctué d’une cadence d’une folle vélocité. Un bis de musique ancienne calme les esprits, avant l’entracte.
Le Cercle de l’Harmonie, après la pause, fait une démonstration de ses capacités dans la Symphonie n° 4 de Beethoven. Créée en 1806, c’est une œuvre lumineuse et pleine d’énergie, souvent éclipsée par la Troisième et la Cinquième. Elle séduit par ses contrastes, son lyrisme apaisé et un final vif et joyeux, alliant élégance classique et inventivité personnelle.

L’orchestre donne la mesure de ses talents, en particulier le brio des cordes et l’expressivité des pupitres de bois. Ces mêmes bois développent avec maîtrise leurs soli, comme la clarinette pendant le deuxième mouvement, sur un subtil tapis de cordes. Le quatrième et dernier mouvement en allegro ma non troppo est pris pourtant à un train d’enfer, l’ensemble dégageant une grande ampleur sur les tutti, mais sans arriver toutefois à saturation. Les artistes reprennent ce dernier mouvement en bis, à la demande d’un public enthousiaste.
I.F. & F.J. © I.F.
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